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ArméeLa menace terroriste redevient concrète, selon Blattmann

La menace terroriste est à nouveau plus concrète pour tout l'Occident, estime le chef de l'armée suisse André Blattmann. La Suisse est également concernée, «bien que nous essayions de ne pas nous immiscer».

Le chef de l'armée suisse André Blattmann.

Le chef de l'armée suisse André Blattmann.

Keystone

La menace terroriste est à nouveau plus concrète pour tout l'Occident, estime le commandant de corps André Blattmann. La Suisse est également concernée, «bien que nous essayions de ne pas nous immiscer».

Des signaux inquiétants viennent notamment de la zone du Sahel, a indiqué André Blattmann dans une interview au journal «Sonntag». Apparemment, des organisations terroristes du Pakistan et d'Afghanistan se déplacent en direction de l'Afrique du Nord. «Ils se sont considérablement rapprochés de nous», relève l'officier.

On peut craindre que dans le flux migratoires vers l'Europe arrivent des personnes issues des milieux terroristes. Mais il n'a pas pu dire «explicitement» si cette menace concernait aussi les migrants en provenance de la Tunisie. Il redoute plutôt ce scénario dans des banlieues peuplées de milliers de personnes venues du Mali.

D'autres menaces

Hormis les flux migratoires, il y a d'autres éléments à ne pas sous-estimer, relève-t-il. En Libye par exemple, beaucoup d'armes manquent et pourraient atterrir chez nous. Le développement en Extrême-Orient est aussi délicat. Les budgets militaires ont massivement augmenté. En Syrie enfin, des stocks considérables d'armes chimiques existent.

Le chef de l'armée suisse est par ailleurs revenu sur des propos controversés qu'il a tenus lors d'une conférence devant la chambre de commerce Belgique-Suisse à Bruxelles. Il avait déclaré que la crise de la dette en Europe constituait un élément déstabilisant. Si nécessaire, la Suisse engagerait l'armée pour protéger des infrastructures vulnérables.

Mieux informer sur le Gripen

Il a dit regretter que ses déclarations aient provoqué des malentendus. Il reste cependant convaincu qu'il est nécessaire de réfléchir à de tels scénarios. Pour protéger de tels sites, comme l'aéroport de Zurich, l'armée veut mettre sur pied quatre bataillons de police militaire doté chacun de 424 hommes. Ce corps sera formé selon les principes des assistants de sécurité pour lesquels l'arme n'est utilisée qu'en dernier recours.

Au chapitre du Gripen, le commandant de corps veut se montrer plus offensif en terme d'information au public. A l'avenir, les médias seront invités une fois par semestre à constater les progrès dans le développement du Gripen E. Il est encore ouvert «si les avions viendront en Suisse ou si nous irons en Suède».

(ats)

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