Actualisé 21.06.2019 à 14:00

FootballLa méthode Sarri est-elle «juvecompatible»?

Jeudi face à la presse, Maurizio Sarri a tancé les «individualistes» de Chelsea. Peut-il éviter cet écueil avec la Juve et «CR7»?

par
Mathieu Aeschmann

L’histoire ne dit pas si les oreilles d’Eden Hazard ont sifflé. Mais jeudi à Turin, Maurizio Sarri a livré une conférence de presse d’intronisation riche en informations, directes ou allusives. L’exercice est souvent ennuyeux car très «protocolé». Chaque nouveau technicien cherche avant tout à ne pas partir à la faute. La reprise est encore loin, l’été s’avance incertain, mieux vaut être prudent. Une attitude défensive qui ne colle pas à la «méthode Sarri», sur le terrain et en dehors. Jugez plutôt.

«À Chelsea, j’ai dû m’accommoder aux caractéristiques d’Hazard. Il peut changer la face d’un match mais sa présence nous posait des problèmes défensifs. (…) Maintenant, je passe à un autre niveau avec Cristiano Ronaldo.» Et pan! Un caillou dans les jardins de l’ailier belge, du Real et de Florentino Pérez.

Visiblement en forme – et ravi de retrouver la langue de Dante – Maurizio Sarri a ensuite livré une réponse détaillée sur les difficultés rencontrées pour implanter le football qui avait enchanté l’Europe à Naples du côté de Stamford Bridge (voir la vidéo). «Naples possédait des joueurs totalement à disposition du collectif, dans leur façon de penser et de jouer. La balle circulait donc beaucoup plus vite. À Chelsea, j’avais des joueurs sans doute meilleurs techniquement. Mais dont les caractéristiques individuelles faisaient qu’ils cherchaient le un contre un et ne libéraient pas la balle rapidement.» Et pan! Un deuxième caillou dans le jardin d’Eden Hazard (et de Willian ou Hudson Odoi)!

En fustigeant les «individualistes» qui «te font gagner un match et sur lesquels il faut s’appuyer» mais «qui rendent la circulation du ballon moins fluide», Maurizio Sarri a posé lui-même l’enjeu sportif de son transfert à la Juventus. Saura-t-il implanter sa méthode dans un groupe où évoluent plusieurs «fuoriclasse» (Ronaldo, Dybala, Pjanic)? La «Vieille Dame» possède certes une culture du collectif qui n’est plus à prouver mais cette dernière ne s’est pas vraiment développée par le jeu et la possession. La mission s’annonce donc captivante.

Sera-t-elle suivie avec attention du côté de Naples? Assurément. Avec attention et sarcasme. À en juger le clip de bienvenue tourné à l’intention de leur ex-technicien. Une merveille qui annonce des retrouvailles intenses.

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