05.12.2019 à 18:04

Hockey sur glaceLa morale selon Arcobello

Cyrill Pasche, journaliste de Sport-Center, revient sur l'actualité du hockey suisse dans la chronique décalée «Hockey Inside».

par
Cyrill Pasche

Hockey Inside, épisode 5:

1. Tu parles de respect: Mark Arcobello a dénoncé «le manque de respect des joueurs en Suisse » dans les colonnes d'un quotidien bernois.

Victime de trois charges dans le dos au cours des trois dernières semaines, l’Américain a vidé son sac. Cela se comprend, surtout après la dernière en date qui a valu quatre matches de suspension à Tim Bozon.

Ainsi, Arcobello explique qu'il «n’a jamais joué dans une ligue où le respect de l’adversaire est si peu marqué. C’est une honte». Pire donc que la ECHL et la AHL, c'est dire...

Dans le même article, Patrick Geering, capitaine des ZSC Lions, interrogé au sujet de ce «manque de respect» évoqué par Arcobello, a toutefois eu une réponse qui mérite une ovation debout: «C’est ce que l’on peut généralement ressentir lorsque cela nous concerne personnellement ou que cela implique sa propre équipe», a dit le Zurichois.

Une façon très subtile de dire qu’Arcobello ne s’était pas tellement offusqué le jour où Tristan Scherwey n’était pas passé bien loin de décapiter Garrett Roe, son coéquipier des ZSC Lions, à la mi-novembre…

Ou encore comme ici en janvier…

2. Robert Mayer expulsé pour un coup de blocker pas bien méchant, alors qu’un joueur vient de lui plonger dessus dans sa zone de but: je comprends bien qu'un blocker est plus dur et donc potentiellement plus dangereux qu'un gant de joueur, reste que cette règle est tout de même sacrément pénalisante pour un gardien. On peut donc taper (même plusieurs fois s'il le faut) avec un gant, une canne, un coude, mais pas avec un blocker: à choisir, je préférerais me prendre un coup de blocker pas trop fort et sans élan que cinq coups de poings de Johan Morant même s’il laisse ses gants ou qu'un coup de canne de Mark Arcobello lorsque l'arbitre a le dos tourné…

3. Pas besoin d'être médecin pour pronostiquer une déchirure des adducteurs de Julien Sprunger avant Noël. Parce qu’à force de faire des «stop and start» en zone neutre, de balancer le puck au fond de la patinoire, puis d’essayer de le récupérer, je ne vois pas comment il pourra y échapper. La seule chose qui risque de sauver ses vieux adducteurs de 33 ans, ce serait de faire un burn-out avant, ce que je ne lui souhaite évidemment pas, mais qui risque tout de même d'arriver à force de patiner dans le vide et surtout sans puck sur sa canne. Ce qui vous en conviendrez est sacrément embêtant quand on s'appelle Julien Sprunger.

4. Tout ça pour dire que le jeu actuellement pratiqué à 5 contre 5 par FR Gottéron (des ailiers arrêtés entre les deux lignes bleues) n'est pas ce qu'il y a de plus excitant, même si les résultats sont généralement au rendez-vous. Reste que je doute tout de même beaucoup que ce style puisse convenir à un joueur comme Sprunger - ses performances récentes en attestent – ou même à Killian Mottet qui, ces derniers temps, est avant tout sauvé par les pucks en or de David Desharnais, son centre attitré.

5. La seule chose qui me garde éveillé récemment aux matches de Gottéron, c’est le froid de canard dans cette patinoire en chantier. Tout là haut dans la tribune de presse, c'est comme en haute montagne: tu sais que si tu t’endors, tu te réveilleras plus jamais.

6. Bientôt champions d'Europe, les Biennois sont décidément sur leur petit nuage.

7. J'allais écrire un truc sur le LHC, mais finalement non: c'est déjà pas facile pour les fans par les temps qui courent avec l'annonce du départ de Dustin Jeffrey et la prolongation du contrat de Ville Peltonen pour deux saisons de plus...

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