13.08.2020 à 12:58

SyrieLa mort d’enfants dans le camp d’Al-Hol inquiète

Le camp tentaculaire d’Al-Hol en Syrie abrite des dizaines de milliers de déplacés. Une ONG s’inquiète d’un pic de mortalité de jeunes enfants ces derniers jours.

«Nous assistons à un échec collectif à tous les niveaux pour protéger les enfants», a déploré Sonia Khush, directrice de Save the Children en Syrie.

«Nous assistons à un échec collectif à tous les niveaux pour protéger les enfants», a déploré Sonia Khush, directrice de Save the Children en Syrie.

KEYSTONE/archive

Huit enfants de moins de cinq ans sont morts en cinq jours dans le camp de déplacés d’Al-Hol, qui accueille notamment des familles de djihadistes dans le Nord-Est syrien, a annoncé jeudi l’ONG Save the Children, dénonçant un «échec» humanitaire collectif.

Le taux de mortalité des enfants à Al-Hol a été «plus de trois fois plus élevé» entre le 6 et le 10 août que le taux moyen enregistré depuis le début de l’année, selon un communiqué de l’ONG britannique.

Le camp tentaculaire d’Al-Hol abrite des dizaines de milliers de déplacés, dont des familles de djihadistes du groupe État islamique (EI), et est géré par l’administration semi-autonome kurde qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie.

Échec collectif

«Nous assistons à un échec collectif à tous les niveaux pour protéger les enfants», a déploré Sonia Khush, la directrice de Save the Children en Syrie, citée dans le communiqué. Elle dénonce «la mort tragique et évitable de huit enfants qui auraient pu recevoir le traitement dont ils avaient besoin pour survivre».

Les enfants morts souffraient de «problèmes cardiaques, d’hémorragies internes ou de malnutrition sévère». «Le Conseil de sécurité de l’ONU n’ayant pas réussi à rouvrir le point de passage frontalier le plus proche», des «retards impardonnables» ont été observés dans l’arrivée de l’aide humanitaire, poursuit Sonia Khush.

Jeudi, le coordinateur de l’ONU sur les questions humanitaires pour la Syrie, Imran Riza, a aussi fait part de sa préoccupation, déclarant dans un communiqué qu’«aucun enfant ne devrait être forcé à vivre dans les conditions humanitaires difficiles et potentiellement dangereuses à Al Hol camp».

Covid-19

Les capacités sanitaires du camp ont été réduites de 40%, selon Save the Children, avec un seul des trois hôpitaux de campagne toujours partiellement opérationnel.

En vigueur depuis 2014, une autorisation transfrontalière de l’ONU permet d’acheminer de l’aide à la population syrienne sans l’aval de Damas. Mais le mécanisme a été sérieusement réduit en janvier par la Russie qui juge qu’il viole la souveraineté de son allié syrien, avec la suppression du point de passage qui permettait aux aides humanitaires d’arriver directement dans les territoires kurdes depuis la frontière avec l’Irak.

À ces difficultés s’ajoutent également «les craintes d’une épidémie de Covid-19» dans le camp, selon Save the Children. Le 6 août, les premiers cas de nouveau coronavirus ont été recensés à Al-Hol, avec la contamination de trois soignants. L’administration kurde a annoncé avoir recensé 171 cas, dont huit décès, dans les zones qu’elle contrôle.

(AFP/NXP)

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