30.05.2020 à 07:47

La Mostra en septembre, un signe d'espoir à Venise

Cinéma

Le monde du cinéma attend avec impatience le festival vénitien, dont la 77e édition se tiendra bien du 2 au 12 septembre.

On devrait décerner des Lions d'or en septembre prochain à Venise.

On devrait décerner des Lions d'or en septembre prochain à Venise.

AFP

La 77e Mostra de Venise, qui doit se tenir début septembre, est vue comme une «signe d'espoir» par le monde du cinéma, dans une année marquée par les fermetures des salles, les suspensions des tournages et les annulations des festivals pour cause de pandémie, à commencer par le 73e Festival de Cannes, normalement prévu en mai.

«On s'en souviendra»

Plus tardif dans la saison, le rendez-vous vénitien est quant à lui maintenu par ses organisateurs, en particulier son incontournable directeur Alberto Barbera. Il a confirmé vendredi que la 77e édition se tiendrait bien du 2 au 12 septembre.

«Ce sera une édition avec des caractéristiques uniques dans son histoire, et pour cette raison aussi, on s'en souviendra», a promis M. Barbera, dans une annonce sur son compte Instagram. «Nous ne savons pas exactement ce qu'il sera possible de faire», a-t-il cependant reconnu, tout en espérant «pouvoir repartir de la meilleure manière possible».

Convaincue qu'à la fin de l'été la situation sanitaire sera plus sûre, l'équipe de la Mostra continue à travailler à l'organisation du festival post-coronavirus, pour respecter les nouvelles règles de sécurité et de distanciation physique.

«Dans le milieu du cinéma, qui naît des idées, des passions, tout le monde pense que le meilleur endroit pour célébrer le 7e Art et montrer sa vitalité, c'est le plus vieux festival du monde», explique à l'AFP Giorgio Gosetti, chef de la section parallèle «La Giornata degli Autori» («La Journée des auteurs»), l'une de plus innovantes pendant la Mostra. «C'est comme si nous recommencions à zéro depuis 1932, date de sa création», estime-t-il.

«Pas arrêté de travailler»

Alberto Barbera a toutefois exclu à plusieurs reprises qu'elle puisse se dérouler en ligne, pour des spectateurs virtuels. Mais nombreux sont les cinéphiles et les amoureux de rendez-vous qui pensent que le nombre de films sélectionnés, généralement plus de 200, et de stars invitées sur le tapis rouge du Lido, sera sensiblement réduit.

«Nous n'avons pas arrêté de travailler», a confié à l'AFP Angela Prudenzi, l'une des membres du comité de sélection du festival, estimant que cette année «les yeux seront tous tournés vers les films, ce qui est une très bonne chose». La liste des films qui seront projetés en septembre reste secrète. Elle est généralement publiée chaque année à la fin juillet.

Quid des films choisi par Cannes?

Mais, problème: le Festival de Cannes va dévoiler mercredi sa propre sélection, une liste de 50 à 60 films bénéficiant du label «Cannes 2020», spécialement créé après l'annulation de la 73e édition. Or traditionnellement, chacun des deux grands festivals du cinéma mondial souhaite que les films présentés le soient en première mondiale.

Quid donc des films choisis cette année par Cannes, et qui forcément ne bénéficieront pas du rayonnement habituel du rendez-vous sur la Croisette? Certains, comme «The French Dispatch» de Wes Anderson et le film d'animation «Soul» des studios Pixar, ont dû repousser leur date de sortie.

Ce pourrait être aussi le cas du dernier long métrage de Nanni Moretti, «Tre piani» («Trois étages»), basé sur le roman éponyme de l'Israélien Eshkol Nevo, et pour lequel le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a montré un vif intérêt.

Le magazine de référence «Hollywood Reporter» assure, lui, que le film du réalisateur italien, grand habitué de la Croisette où il fut palmé (en 2001) et président du jury (en 2012), devrait être présenté dans la Cité des Doges.

«Un geste partagé»

Souvent vus comme rivaux, Cannes et la Mostra vont-ils cette fois, vu les circonstances exceptionnelles, réussir à s'entendre? «Depuis le début de la crise sanitaire, Alberto Barbera et moi-même discutons de la possibilité d'un geste partagé pour l'industrie du cinéma», a déclaré ces derniers jours Thierry Frémeaux. «Nous ne savons toujours pas à quoi cela pourrait ressembler, mais il (Barbera) est ouvert et favorable à l'idée», a-t-il assuré.

«Qu'une industrie qui souffre en ce moment, comme celle du cinéma, redémarre est un message d'optimisme», s'est félicité quant à lui, dans une interview au journal «Il Manifesto», Giona Nazzaro, délégué général de la Semaine de la Critique, une autre des sections parallèles de la Mostra.

AFP

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