04.12.2017 à 14:13

NovateurLa musique remplace les pesticides

Des plantes victimes de parasites retrouvent la forme en «écoutant» des mélodies spécifiques. Une étonnante alternative aux produits chimiques, qui n’a rien de farfelu.

von
Pascale Bieri
Comme aux humains, la musique fait du bien aux plantes. A petites doses, elle vient ainsi à bout de certaines maladies cryptogamiques et détruit même les virus.

Comme aux humains, la musique fait du bien aux plantes. A petites doses, elle vient ainsi à bout de certaines maladies cryptogamiques et détruit même les virus.

Genodics/LMS

La musique adoucit les mœurs, dit-on. Mais elle ne fait pas qu’agir sur notre humeur et celle des animaux, elle soigne aussi les plantes. En choisissant scrupuleusement certaines mélodies, on peut en effet lutter contre les virus et champignons qui les détruisent. Et éviter les pesticides.

Encore un truc ésotérique? Pas du tout. À ce jour, plus de 130 agriculteurs – en France, pour la plupart, mais aussi en Allemagne et en Espagne – ont testé ce type de programme mis au point par la société française Genodics.

Et les résultats observés sont spectaculaires. Ainsi, un agriculteur des Bouches-du-Rhône (F), Gilles Josuan, a pu sauver l’ensemble de ses cultures de courgettes contaminées par le virus de la mosaïque contre lequel il n’existe aucun traitement traditionnel (hormis tout arracher!), en leur diffusant de la musique soigneusement sélectionnée, à raison de 6 à 7 minutes par nuit. «Pas plus, explique-t-il, sinon, cela fatigue les plantes.»

D’autres agriculteurs ont également soigné des plants de tomates atteints de botrytis (un champignon), des pommiers touchés par la tavelure ou encore de nombreuses vignes atteintes notamment par le mildiou, un parasite qui les décime. «Ça marche systématiquement, mais avec des taux de réussite variable de 25% à 95%», souligne Pedro Ferrandiz, ingénieur et cofondateur de Genodics.

En Suisse, la thérapie verte par les notes n’est pas encore d’actualité. Toutefois, même s’il n’y a pas de réelle volonté politique de remplacer les produits chimiques par des méthodes biologiques – contrairement à la France, par exemple, qui va notamment interdire toute utilisation de pesticides en ville d’ici à 2019 – divers professionnels applaudissent ces méthodes parallèles.

Parmi eux, Jean-Luc Pasquier, horticulteur et formateur à l’Institut agricole de Grangeneuve (FR): «Je suis convaincu de l’influence de la musique sur les végétaux. Elle émet des vibrations qui touchent tout être vivant, chaque cellule, y compris les plantes. Même si aujourd’hui, cela peut paraître farfelu, on est à l’orée de nouvelles connaissances qui pourront être scientifiquement prouvées.»

En attendant, la protéodie – nom de ce traitement mélodique – s’explique déjà. Elle est du domaine de la physique quantique. «Pour faire simple, lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés produisent des notes. Une mélodie spécifique à chaque protéine est ainsi émise», explique Pedro Ferraniz. «Il faut connaître les protéines pertinentes de la pathologie que l’on veut combattre, poursuit-il, puis l’isoler et trouver le chant de la protéine pour en stimuler ou inhiber sa synthèse.»

«On est à l'orée de nouvelles connaissances qui pourront être scientifiquement prouvées»

Jean-Luc Pasquier, horticulteur et formateur

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