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RugbyLa Namibie, leader chahuté du rugby africain à Dakar (MAGAZINE)

Par Thomas FÉLIX DAKAR, 20 juin 2013 (AFP) - Loin des tournées ultra médiatisées des nations majeures du rugby mondial, la Namibie, présente lors des quatre dernières éditions de la Coupe du monde, vient de remporter à Dakar le groupe B de la Coupe d'Afrique de rugby, sur un continent où la discipline fait des progrès.

Au Sénégal, où la lutte et le football sont les sports rois, il est encore rare de voir des jeunes s'amuser avec un ballon de rugby. Pourtant, le week-end dernier, à Dakar, la Fédération sénégalaise de Rugby (FSR) a réussi son pari de remplir par deux fois le stade Iba Mar Diop, au coeur du quartier populaire de la Médina, pour l'édition 2013 du groupe B de la Coupe d'Afrique. Plus de 8.000 personnes, dont la moitié formée d'enfants issus des écoles de rugby sénégalaises, se sont déplacées sur deux jours pour voir les "Lions de l'ovale", surnom de l'équipe nationale du Sénégal, mais aussi la Namibie, la Tunisie et le Botswana. "C'est la preuve que le rugby grandit en Afrique, sur le terrain mais aussi dans les coeurs", a estimé le président de la Fédération namibienne de rugby, Bradley Basson, soulagé d'avoir remporté ce tournoi après avoir perdu l'année dernière en finale contre Madagascar. "Il y a dix ans, nous avions gagné 116-0 contre les Malgaches. L'année dernière nous n'avions battu le Sénégal que de deux points (20-18) et perdu contre les Malgaches 57-54. Nous savons mieux que quiconque que le rugby progresse en Afrique", a-t-il ajouté. Encore une longueur d'avance A Dakar, la Namibie est arrivée plus sérieuse que jamais avant son premier match contre le Sénégal. Objectif: reconquérir son rang de leader du rugby africain, retrouver le groupe A et rester en course pour la seule place africaine pour la Coupe du monde de rugby en 2015, à part l'Afrique du Sud qualifiée d'office, qui sera attribuée au vainqueur du groupe A en 2014. Lors du premier match, Bradley Basson, très pieux, a longtemps prié. Son équipe, malgré la présence de huit joueurs ayant participé à la Coupe du Monde en 2011, ne menait que de 4 points à la 60e minute du match (16-12), avant que le Sénégal ne craque physiquement et ne finisse par encaisser trois essais et perdre sur un score final de 35 à 12. Pour Guédel Ndiaye, président de la Fédération sénégalaise de rugby, cela n'a pas été une surprise. "Nos joueurs évoluent en France, certes, mais pas au niveau des Namibiens. De plus, ils (les Namibiens) sortent d'un regroupement d'un mois en Afrique du Sud avec quatre matchs d'entraînement, nous, de trois jours seulement et aucun match". Le Sénégal dans le top 8 Le 15 juin, en finale, la Namibie a écarté la Tunisie 43-15, dans un match autrement mieux maîtrisé que contre le Sénégal, pour remporter le groupe B et retrouver sa place parmi l'élite africaine. Un soulagement à la hauteur de la joie exprimée par les joueurs namibiens au coup de sifflet final qui ne sont plus qu'à deux victoires, l'année prochaine, de retrouver la Coupe du Monde en Angleterre. Pour le Sénégal, hôte de la compétition, le challenge est également réussi. La large victoire (41 à 5) contre le Botswana, dont les joueurs sont tous amateurs, a prouvé que le Sénégal a sa place sportivement dans ce top 8 africain. L'organisation a été saluée par les officiels de la Confédération africaine de Rugby et le développement rugbystique du Sénégal est montré en exemple en Afrique. Preuve supplémentaire, le Sénégal pourrait être convié à un tournoi à quatre Nations en novembre prochain en Namibie, pourtant peu encline à jouer contre ses voisins africains en dehors des compétitions officielles. Un vrai témoignage du respect acquis sur le pré par les petites nations africaines de l'ovale. str/mrb/cs/ol/jcp

(AFP)

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