Euro 2020 - La Nati doit faire attention au coup de chaud
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Euro 2020La Nati doit faire attention au coup de chaud

A Bakou, la Suisse n’est pas dans un territoire aussi «hostile» que prévu, pour son inofficiel «16e de finale» de l’Euro, face à la Turquie.

par
Robin Carrel
(Bakou)
Les rues d’un Bakou très tranquille.

Les rues d’un Bakou très tranquille.

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Depuis que le tirage au sort de cet Euro, pas mal de regards se sont tournés vers la partie contre la Turquie, qui allait forcément être décisive, puisque placée en troisième place dans le calendrier des Suisses lors de ce Championnat d'Europe. Forcément, ç'allait être une rencontre pas comme les autres pour cette raison, mais aussi parce que les souvenirs de 2005 et de 2008 allaient être convoqués.

Sauf que ça, c'était un raisonnement de «vieux»... Interrogés cette semaine sur le sujet, tant Manuel Akanji que Djibril Sow ne se souvenaient que de Beni Huggel, entrant comme un forcené dans le «tunnel de la honte» du Stade Sükrü Saraçoglu. Pour le reste, âgés alors de respectivement 10 et 8 ans, ils ont assuré ne pas se souvenir du match. Trois ans plus tard et l'élimination de l'Euro austro-suisse? Pas beaucoup plus.

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Yann Sommer, l'aîné de cette équipe du haut de ses 32 ans, avait pour sa part 16 ans à l'époque et il avait bien d'autres choses à penser cette semaine qu'à un éventuel contexte compliqué, ce dimanche à Bakou. Alors devant la presse, samedi en début de soirée, il a fait le job: «Je fais la transition entre footballeur et père de famille assez rapidement. Après le match contre l'Italie, j'ai été très déçu, bien sûr. Et puis extrêmement euphorique et émotif avec la naissance de ma famille.»

«Maintenant, l'accent est à nouveau mis sur le football, a-t-il enchaîné. Nous avons soulevé quelques points dont nous, dans l'équipe, n'étions pas satisfaits... Tout ce qui compte désormais, c'est de se qualifier pour ce 8e de finale. Nous voulons entrer dans le match contre la Turquie avec beaucoup d'énergie. Nous voulons montrer une grande performance. Pour la Suisse. Pour nous. Pour l’encadrement. Nous ne nous soucions de rien d'autre.»

Cette partie était censée être spéciale également pour une raison dont nous ne nous doutions pas en décembre dernier quand les boules ont désigné les adversaires de la «Nati». Enfin, à part ceux qui connaissent la géopolitique locale et d'autres qui se sont rapidement renseignés. La Turquie jouerait quasiment «à domicile» à Bakou, car les peuples des deux pays sont comme des frères. Cette semaine encore, les deux présidents Recep Tayyip Erdogan et Ilham Aliyev ont paraphé des contrats rapprochant les deux contrées. Mais pas de quoi mettre le feu au Stade Olympique de Bakou, semble-t-il.

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Mercredi, lors de la partie entre Turcs et Gallois, ils étaient environ vingt mille à garnir les 69'870 places de l'enceinte qui peut être remplie à 50% en temps de Covid. «Je m’attendais à ce qu’il y ait plus de bruit quand même, ça sifflait bien sur la compo des Gallois ou quand les quelques supporters lançaient des chants mais avec le score au fil du match plus tellement», nous disait cette semaine le Vaudois Michaël, resté sur place entre les deux parties de la Suisse.

Il faut dire que même les médias turcs n'ont pas forcément eu le temps de faire monter la sauce, avant cette rencontre. Ils sont actuellement bien trop occupés à enflammer leur équipe, qui devrait passer plusieurs mauvais quarts d'heure de suite si par hasard ils rentraient au pays lundi matin avec aucun point dans leur besace. La Turquie avait impressionné ces derniers mois en battant la France, les Pays-Bas et en Norvège? Il n'en reste plus rien et on ne reconnait plus les stars Calhanoglu, Yilmaz, Söyüncu, Demiral, Yazici, Kabak et compagnie.

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Dans les rues de Bakou, on s'attendait peut-être également à un déferlement de supporters turcs, il n'en est rien. Et les locaux sont tellement heureux de pouvoir présenter leur ville à des étrangers, même des Suisses, qu'il n'y a absolument aucune animosité, bien au contraire.

Le pire ennemi des Suisses, dimanche soir (20 heures en Azerbaïdjan, 18 heures entre Genève et St-Gall) sera peut-être la météo, finalement. Il fait une chaleur lourde sur la «Ville des Vents» et ces derniers sont timides. Du coup, une sorte de brume laiteuse enrobe la cité et plus de 30 degrés sont attendus au coup d'envoi. Attention au coup de chaud.

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