Actualisé 13.01.2020 à 15:31

ZurichLa nationalité des délinquants fait débat

L'UDC veut que la nationalité des délinquants soit systématiquement mentionnée. Le gouvernement lui oppose un contre-projet qui nuance le caractère systématique.

Photo d'illustration.

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Keystone

Le parlement zurichois a décidé lundi de soutenir le contre-projet du gouvernement à l'initiative de l'UDC exigeant la mention de la nationalité des auteurs de délits dans les communiqués de police. L'UDC décidera après la deuxième lecture si elle retire son initiative.

L'initiative exige que la police précise systématiquement dans ses communiqués et conférences de presse la nationalité des auteurs présumés de délits et des victimes ainsi que l'âge et le sexe. En cas de demande, il faudra aussi dire si l'auteur ou la victime sont issus de la migration.

Le contre-projet du gouvernement prévoit que la police précise l'âge, le sexe et la nationalité de l'auteur présumé et de la victime si aucune raison liée à la protection de la personnalité ne s'y oppose et s'il n'existe aucun risque que les personnes puissent être identifiées. Il n'est par contre pas question de dire si elles sont issues de la migration.

Recherche généalogique

Devoir dire si les personnes impliquées sont issues de la migration exigerait de la police de mettre en place un service spécial de recherche généalogique, a indiqué pendant le débat le chef du département cantonal de la sécurité Mario Fehr (PS). Il est aussi totalement opposé à l'idée de créer deux catégories de Suisses.

Le conseiller d'Etat n'est pas satisfait de la pratique de la ville de Zurich. Les journalistes doivent à chaque fois se renseigner, ce qui met encore plus l'accent sur la nationalité. La réglementation de la ville n'a pas atteint son but, estime-t-il.

Les partis bourgeois partagent l'avis du conseiller d'Etat et soutiennent le contre-projet. Le PS souhaiterait que la nationalité ne soit plus citée, mais il veut éviter que l'initiative de l'UDC soit soumise au peuple. C'est pourquoi il s'est prononcé en faveur du contre-projet.

Décision de la ville de Zurich

L'UDC avait lancé son initiative après la décision de la ville de Zurich de ne plus donner la nationalité des auteurs présumés de délits et des victimes. Elle n'est donnée que sur demande. Le parti a récolté 9500 signatures (6000 étaient nécessaires).

Pour l'UDC, ne pas donner la nationalité des auteurs de délits et des victimes est de la «censure» et de la «désinformation». Il existe un véritable intérêt public à connaître la nationalité des personnes concernées.

Le parti n'a pas encore décidé s'il va retirer son initiative. Il attend la deuxième lecture du contre-projet du gouvernement. Si l'initiative est retirée, il n'y aura pas de votation populaire. Si elle est maintenue, les citoyens zurichois devront se prononcer sur l'initiative et le contre-projet.

Polices cantonales

La décision de la ville de Zurich va à l'encontre de la tendance en Suisse. Toujours plus de polices cantonales précisent la nationalité des auteurs de délits. La Conférence des commandants des polices cantonales (CCPCS) a décidé de recommander de donner la nationalité après un long débat.

Dans le canton de Soleure, les citoyens ont accepté en 2012 une initiative de l'UDC exigeant que la police et la justice précisent la nationalité des délinquants dans leurs communiqués. Dans le canton de St-Gall, le parlement a accepté en 2016 une initiative similaire des Jeunes UDC et a ensuite approuvé une modification de la loi sur la police.

(ats)

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