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SuisseLa nocivité des particules fines sous la loupe

Des chercheurs de l’Institut suisse Paul Scherrer ont découvert que les particules fines avec un potentiel oxydant élevé entraînaient une réaction inflammatoire des cellules.

Le trafic routier contribue à produire des particules fines avec un important potentiel oxydant et donc une haute nocivité, selon les découvertes des chercheurs de l’Institut Paul Scherrer (image d’illustration),

Le trafic routier contribue à produire des particules fines avec un important potentiel oxydant et donc une haute nocivité, selon les découvertes des chercheurs de l’Institut Paul Scherrer (image d’illustration),

KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

La nocivité des particulières fines ne dépend pas uniquement de la quantité de poussières fines, mais aussi de leur potentiel oxydant, ont découvert des chercheurs de l’Institut suisse Paul Scherrer (PSI) en collaboration avec plusieurs institutions européennes.

Les chercheurs de l’Institut Paul Scherrer (AG) ont découvert que ce n’est pas seulement la quantité de poussières fines, à elle seule, qui représente le plus grand risque pour la santé. Il se pourrait que ce soit surtout leur potentiel oxydant qui définisse leur degré de nocivité, indique un communiqué de l’Institut Paul Scherrer. Ils publient mercredi leurs résultats dans la revue spécialisée Nature.

Le potentiel oxydant des particules fines se caractérise par leur capacité à dégrader des antioxydants, ce qui peut endommager les cellules et les tissus de l’organisme humain. Les chercheurs ont exposé des cellules de voies respiratoires humaines à des échantillons de particules fines tout en surveillant leur réaction biologique. Ils ont ainsi réussi à montrer que les particules fines avec un potentiel oxydant élevé entraînaient une réaction inflammatoire des cellules.

«Ce constat ne prouve pas encore clairement l’existence d’une relation de cause à effet entre potentiel oxydatif élevé et risque pour la santé», admet Kaspar Dällenbach du laboratoire Chimie atmosphérique au PSI, cité dans le communiqué. «Mais l’étude constitue un indice de plus suggérant que cette relation existe bel et bien», poursuit-il.

Chauffage au bois et trafic routier

Les chercheurs sont aussi remontés à l’origine des particules fines prélevées à différents endroits de Suisse. Des chercheurs français ont ensuite déterminé le potentiel oxydant de ces mêmes échantillons dans le but d’obtenir leur indice de nocivité.

Les particules possédant un important potentiel oxydant, donc particulièrement nocives, proviennent surtout du chauffage au bois, et de métaux issus de l’abrasion des freins et des pneus dans la circulation routière. La majorité des particules, seulement composées de poussière minérale et d’aérosols, comme le nitrate et le sulfate d’ammonium, aurait une nocivité moindre.

Particules plus nocives en zone urbaine

«Nos résultats montrent que les sources qui déterminent le potentiel oxydant des particules et les sources qui déterminent leur quantité ne sont pas les mêmes», résume Kaspar Dällenbach. Les zones urbaines ne sont pas exposées à de plus importantes quantités de particules fines, mais dans ces régions, les poussières fines ont un potentiel oxydant plus important et sont donc plus nocives pour la santé que les particules fines en zone rurale.

«Nos résultats montrent que la régulation des quantités de particules fines seule n’atteint pas nécessairement l’objectif» de réduire leur impact sur la santé, estime Kaspar Dällenbach.

(ATS/NXP)

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