Ski alpin: La nouvelle figure de proue du ski suisse

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Ski alpinLa nouvelle figure de proue du ski suisse

En quête du globe de cristal du combiné ce week-end à Crans-Montana, la Schwytzoise Wendy Holdener a un statut à assumer.

par
Florian Müller
Crans-Montana
Wendy Holdener est devenue une source d'inspiration pour toute l'équipe de Suisse.

Wendy Holdener est devenue une source d'inspiration pour toute l'équipe de Suisse.

Keystone

Personne, non personne, n'est en mesure de lui contester son trône. Triple médaillée olympique, deuxième du classement général de la Coupe du monde derrière l'intouchable Mikaela Shiffrin, Wendy Holdener est la reine du ski suisse. Pour finir de s'en convaincre: ce week-end, elle sera en quête du globe de cristal du combiné. «J'ai de grandes chances de remporter ce trophée dimanche, j'espère pouvoir répondre aux attentes, confie la skieuse d'Unteriberg. Et si possible, après 2016, ramener une deuxième fois ce trophée à la maison. C'est du moins mon objectif, qui plus est à domicile ici à Crans-Montana.»

Bien calée dans sa spirale positive, Holdener toise la concurrence interne. Difficile de ne serait-ce que lui arriver à la cheville, auréolée qu'est la Schwytzoise de son baroud d'honneur sud-coréen. Au premier rang de ses concurrentes: Lara Gut. La Tessinoise retrouve pas à pas sa meilleure forme, mais sa déconvenue à PyeongChang l'a contrainte à descendre de son piédestal. Oui, et c'est d'ailleurs une bonne nouvelle, cela faisait belle lurette que la concurrence interne à Swiss-Ski n'avait plus été aussi intense chez les skieuses. «Je ne sais pas si je suis la numéro un de l'équipe, tempère Holdener. Dans certaines disciplines, comme le slalom, ça ne fait pas de doute. Mais en super-G, c'est plutôt Lara, et dans les disciplines de vitesse en général Michelle (ndlr: Gisin) est régulièrement aux avant-postes. Ce qui est sûr, c'est que je me sens bien dans cette équipe, je n'ai pas besoin qu'on me mette particulièrement en avant.»

Sa maturité impressionne

Reste que la hiérarchie se décante naturellement. Autant à l'applaudimètre que mathématiquement parlant, celle que l'on surnomme désormais «Wendy Goldener» a pris le dessus. «C'est peut-être important pour les gens d'établir ce genre de hiérarchies. Certains préféreront dire que c'est telle ou telle qui est la leader, en fonction des affinités, pas seulement des résultats. J'ai beaucoup d'orgueil, mais je n'ai pas besoin qu'on me dise que je suis la meilleure, ou qu'on me fasse sentir que j'ai un statut particulier.»

De l'orgueil bien placé, voilà qui ne va pas de soi. À 24 ans, la Schwytzoise atteint un niveau de maturité qui impressionne son interlocuteur. Comme lorsqu'on l'interroge sur sa supposée décompression postolympique: «J'ai fêté chaque médaille en Corée, avec toutes les célébrations qui étaient organisées. C'était éprouvant, mais c'était magnifique. Et lorsque je suis rentrée à la maison, quand j'ai déballé mes médailles, c'était vraiment un beau moment, où j'ai pu réaliser ce que j'avais accompli. Mais ma concentration s'est tout de suite portée sur les courses de Crans-Montana. J'aurai le temps de savourer au printemps.» Faire la part des choses, encore et toujours.

De fait, Holdener fait des émules. «Elle a une énorme volonté, admire Michelle Gisin. Elle est capable de forcer le destin, de pousser tellement fort sur ses skis que ça fait la différence. Et ça à longueur de saison, sa régularité au plus haut niveau est une source d'inspiration.» Voilà déjà Wendy Holdener s'ériger naturellement en source d'inspiration pour ses coéquipières. C'est là la première qualité d'une leader, non?

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