Festival de Cannes: La Palme d'Or va à Ken Loach
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Festival de CannesLa Palme d'Or va à Ken Loach

Le jury a remis la plus prestigieuse des récompenses du cinéma au réalisateur britannique pour «Moi, Daniel Blake».

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Le réalisateur britannique Ken Loach s'est vu remettre la Palme d'Or des mains du président du jury de la sélection officielle, George Miller. (Dimanche 22 mai 2016)

Le réalisateur britannique Ken Loach s'est vu remettre la Palme d'Or des mains du président du jury de la sélection officielle, George Miller. (Dimanche 22 mai 2016)

Eric Gaillard, Reuters
Son film 'Moi, Daniel Blake' a été récompensé du plus prestigieux des prix. (Dimanche 22 mai 2016)

Son film 'Moi, Daniel Blake' a été récompensé du plus prestigieux des prix. (Dimanche 22 mai 2016)

Valery Hache, AFP
Deux réalisateurs plusieurs fois primés à Cannes: Ken Loach et Xavier Dolan, pendant la cérémonie de clôture du 69e Festival de Cannes. (Dimanche 22 mai 2016)

Deux réalisateurs plusieurs fois primés à Cannes: Ken Loach et Xavier Dolan, pendant la cérémonie de clôture du 69e Festival de Cannes. (Dimanche 22 mai 2016)

Yves Herman, Reuters

Le jury, présidé par l'Australien George Miller, a fait son choix parmi les 21 films en compétition, ce dimanche, après onze jours de festival.

La Palme d'or du Festival de Cannes a été attribuée au cinéaste britannique Ken Koach pour «Moi, Daniel Blake». Il dénonce dans ce film coup de poing, la casse du système social vue par les yeux d'un chômeur.

Rage intacte

Six fois primé à Cannes, où il avait reçu la Palme d'or en 2006 pour «Le Vent se lève», Ken Loach, 79 ans, raconte dans ce film l'histoire d'un menuisier qui se bat pour obtenir l'aide sociale.

Ce monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse» car les idées «que nous appelons néo-libérales risquent de nous amener à la catastrophe», a déclaré le réalisateur.

«Il faut dire qu'un autre monde est possible et même nécessaire», a encore lancé le metteur en scène, après avoir mis en garde contre le retour de l'extrême droite.

Xavier Dolan en pleurs

Le Grand Prix est allé au Québécois Xavier Dolan, pour son film «Juste la fin du monde», huis clos familial survolté avec un casting haut de gamme, avec Gaspard Ulliel, Vincent Cassel et Marion Cotillard.

«Tout ce qu'on fait dans la vie, on le fait pour être aimé, pour être accepté», a déclaré en larmes le réalisateur en recevant son prix. Sixième long métrage de Xavier Dolan, jeune prodige et enfant chéri de Cannes, «Juste la fin du monde» est tiré d'une pièce de l'auteur français Jean-Luc Lagarce, mort du sida en 1995.

«J'espère tellement ne pas l'avoir déçu où qu'il soit», a-t-il dit à propos de Jean-Luc Lagarce. «Je tournerai toute ma vie des films, aimé ou non», a-t-il lancé avant de citer l'écrivain Anatole France: «Je préfère la folie des passions à la sagesse de l'indifférence».

Asghar Farhadi doublement primé

Le film «Le Client» a reçu deux prix. Le prix d'interprétation masculine est revenu à l'Iranien Shahab Hosseini. Et son compatriote, le réalisateur Asghar Farhadi, a remporté le prix du scénario.

«Je remercie Dieu», a déclaré Shahab Hosseini qui a dédié son prix à son peuple. L'Iranien de 42 ans avait déjà joué sous les ordres du réalisateur Asghar Farhadi dans «Une Séparation» et «A propos d'Elly».

La philippine Jaclyn Jose a reçu le prix d'interprétation féminine pour «Ma' Rosa» de son compatriote Brillante Mendoza un cri contre la corruption dans son pays.

La réalisatrice britannique Andrea Arnold est repartie avec le Prix du Jury pour son film «American Honey».

Le prix de la mise en scène a été remis ex-æquo au réalisateur français Olivier Assayas pour «Personal Shopper» et au Roumain Cristian Mungiu pour «Baccalauréat».

Les 400 coups

Le comédien Jean-Pierre Léaud a reçu une Palme d'Or d'honneur, le public réservant une ovation debout à celui qui était venu à Cannes pour la première fois à l'âge de 14 ans. «Je suis né à Cannes en 1959» lors de la présentation des 400 Coups, de François Truffaut, s'est remémoré l'acteur de 72 ans, avec émotion. «A la fin de la projection, j'étais porté en triomphe sous un tonnerre d'applaudissements».

«Je ressens aujourd'hui la même joie profonde qu'il y a 58 ans, lorsque François m'a dit en me remettant le scénario des 400 coups, tiens Jean-Pierre, tu as le rôle principal», a-t-il ajouté.

Léaud, incarnation de la Nouvelle Vague, était présent cette année à Cannes pour son rôle du Roi Soleil agonisant dans «La Mort de Louis XIV».

Il a incarné le personnage d'Antoine Doinel dans plusieurs films de Truffaut, jusqu'à L'Amour en fuite (1979) et a tourné avec Jean-Luc Godard, Jean Eustache ou Bernardo Bertolucci.

Le palmarès complet

Palme d'or: «I, Daniel Blake» du Britannique Ken Loach

Grand Prix: «Juste la fin du monde» du Canadien Xavier Dolan

Prix de la mise en scène ex-æquo: le Roumain Cristian Mungiu pour «Baccalauréat» et le Français Olivier Assayas pour «Personal Shopper»

Prix du scénario: l'Iranien Asghar Farhadi pour «Le Client»

Prix du jury: «American Honey» de la Britannique Andrea Arnold

Prix d'interprétation féminine: Jaclyn Jose dans «Ma'Rosa» du Philippin Brillante Mendoza

Prix d'interprétation masculine: Shahab Hosseini dans «Le Client» de l'Iranien Asghar Farhadi

Caméra d'or: «Divines» de la Française Houda Benyamina

Palme d'or du court métrage: «Timecode» de l'Espagnol Juanjo Gimenez

(AFP)

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