19.11.2020 à 11:45

FootballLa pandémie favorise l’éclosion des jeunes

L’arrivée du coronavirus a encouragé les formations à lancer des jeunes joueurs, ralentis les mouvements internationaux et accentué les écarts entre les clubs, selon le CIES.

von
Thibaud Oberli
La Bundesliga est le seul championnat du Big 5 qui s’est rajeuni en 2020.

La Bundesliga est le seul championnat du Big 5 qui s’est rajeuni en 2020.

KEYSTONE

Les amateurs de football se sont habitués aux stades vides, aux équipes mises en quarantaine et aux conférences de presse par visioconférence. Mais ces aspects visibles ne sont pas les seuls que le Covid-19 a eu sur le football mondial. Le Centre International d’Études du Sport (CIES) basé à l’Université de Neuchâtel, a travaillé sur les changements moins visibles de la pandémie, notamment sur les mouvements internationaux où l’utilisation des jeunes par les équipes fanion. Une approche par les chiffres qui questionne les changements intervenus dans le football européen. Elle traite cette année sur un échantillon de 12’088 joueurs, répartis au sein de 479 équipes dans 31 championnats européens.

Une opportunité pour les jeunes et les débutants

Avec une approche comparative, l’institut a mis en résonance les moyennes obtenues entre 2009 et 2019 avec ceux de cette année. Il en ressort que les joueurs de moins de 19 ans sont plus nombreux cette année (4%) dans les premières équipes que pendant les dix précédentes (3,2%). Du côté de la Suisse, on observe aussi cette tendance, avec 4,4% cette année, contre une moyenne de 3,8 pour la période.

La situation en Europe.
La situation en Europe.CIES, rapport mensuel 59.
La situation en Suisse.
La situation en Suisse.CIES, rapport mensuel 59.

Le nombre de joueurs ayant fait leurs débuts cette saison a aussi une tendance à la hausse. Mais cette fois une différence s’observe entre les ligues les moins performantes, où les débutants représentent 7% des joueurs avec une progression de 1,9 points, et le Big 5, qui n’a vu la proportion de jeunes augmenter que de 0,2%. La Bundesliga est d’ailleurs le seul grand championnat à avoir observé un recul de l’âge moyen de ses joueurs.

La situation en Europe.
La situation en Europe.CIES, rapport mensuel 59.
La situation en Suisse.
La situation en Suisse.CIES, rapport mensuel 59.

Un autre aspect évolue différemment dans les plus petits championnats. Après une tendance à la baisse depuis une dizaine d’années, l’utilisation des joueurs formés au club est en hausse pour les 11 championnats les moins compétitifs. Dans le Big 5, c’est l’inverse qu’on observe, avec une baisse de 0,2%, tendance observée aussi dans les 20 championnats intermédiaires.

Baisse du recrutement et des transferts

Le nombre de joueurs arrivés en cours d’année affiche, après son record en 2017 (45%), un recul qui s’est accentué cette année. Selon le CIES, 40,7% sont la part de nouvelles recrues en 2020, contre une moyenne de 41,7% la décennie précédente. Selon les chercheurs, ce sont les pertes provoquées par la pandémie qui ont changé les habitudes de recrutement et de renforcement des équipes. Cela se répercute aussi sur le temps passé dans un club, qui est en augmentation (actuellement deux ans et trois mois).

La situation en Europe.
La situation en Europe.CIES, rapport mensuel 59.
La situation en Suisse.
La situation en Suisse.CIES, rapport mensuel 59.

La pandémie a aussi impacté les mouvements internationaux des joueurs. Depuis 2009 (34,7%), la proportion de joueurs étrangers n’a cessé d’augmenter pour attendre 41,9% dix ans plus tard. Cette année, on a pu observer un recul de l’indice, qui s’est réduit de 0,7% (41,7%). Un processus qui s’observe à nouveau plutôt dans les ligues inférieures, alors qu’il n’y a que dans les cinq grands championnats où ce pourcentage a tout de même légèrement augmenté.

La situation en Europe.
La situation en Europe.CIES, rapport mensuel 59.
La situation en Suisse.
La situation en Suisse.CIES, rapport mensuel 59.

«Les petites équipes ont dû revoir leurs ambitions encore plus à la baisse que les plus grandes».

CIES, rapport mensuel 59.

Plusieurs de ces impacts avaient été pressentis pour le sport, mais cette fois, les chiffres ne sont plus des projections. Des observations qui montrent que la pandémie a participé à accentuer les inégalités entre les clubs partout en Europe. Selon les chercheurs, les années à venir s’apparenteront à de la survie pour beaucoup d’équipes. Ils insistent aussi sur le fait que les structures qui ont mis en place des filières de formations solides devraient mieux s’en sortir, tant sur le plan sportif que financier.

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3 commentaires
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moi même

20.11.2020 à 10:12

Si la pandémie pouvait favoriser l'éclosion de jeunes joueurs plutôt que l'éclosion de théories abracadabrantes ...

Un blaireau

19.11.2020 à 12:01

Chaque commentaire sous les articles football : Michel, 55 ans, frustré de la vie : Ils sont payé des millions pour courir après un ballon.