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AberrantLa Pâquerette, un cinq étoiles!

Les détenus de l'établissement genevois auraient été payés pour participer au programme de sociothérapie! Puis gardiens et thérapeutes jouaient les coursiers…

par
Valérie Duby
La Pâquerette était installée au 4e?étage de Champ-Dollon, jusqu'à sa fermeture en janvier.

La Pâquerette était installée au 4e?étage de Champ-Dollon, jusqu'à sa fermeture en janvier.

«Le Salaire»

1000 FRANCS/MOIS

Les pensionnaires de l'établissement de resocialisation – dans la tourmente depuis la mort d'Adeline, la jeune sociothérapeute tuée par Fabrice A. – auraient touché de l'argent pour suivre le programme thérapeutique. Montant: 17 fr. 50 par jour, selon la Tribune de Genève qui a révélé hier cette information. On savait certes que les détenus – comme tous les prisonniers en exécution de peine – pecevaient un pécule de l'ordre de 25 francs par jour. Si lon ajoute cela au tarif cité dans la Tribune, le «salaire» s'élèverait à environ 1000 francs par mois. Pierre Maudet, le conseiller d'Etat genevois en charge de la Sécurité, indique «être totalement opposé à ce que l'on rémunère les détenus de la future structure de sociothérapie ( ndlr: qui sera installée dans le futur centre Curabilis) pour leur seule participation volontaire au programme de soins».

«Room Service»

ACHATS ET JEUX

On joue beaucoup en détention. Les prisonniers de La Pâquerette n'échappent pas à la règle. Selon un ex-collaborateur cité par la Tribune de Genève, «ils commandaient des tickets de l'EuroMillions, des vêtements, parfois un ordinateur, un écran plat, qu'ils payaient avec leur argent». Ce sont les gardiens, puis les sociothérapeutes qui étaient chargés du «room service». Ces derniers assuraient aussi le «service après-vente» puisque, si les objets acquis ne convenaient pas, il fallait bien sûr les rapporter. Le rôle de coursier faisait partie intégrante des missions des sociothérapeutes, chargés de faire le lien entre la prison et la vie libre. Normalement, les détenus – y compris ceux de La Pâquerette – se fournissent auprès de l'épicerie de la prison, ou encore dans des catalogues de vente par correspondance.  

«Festivités»

SORTIES

Violeur multirécidiviste, Fabrice A. a eu droit à deux sorties pour des cours d'équithérapie, une séance shopping chez Victorinox, où il a pu acheter un couteau et une veste. Le programme de la journée prévoyait aussi un déjeuner chez Lipp, la célèbre brasserie parisienne installée depuis des années à Genève. D'autres détenus ont, quant à eux, pu se rendre aux Pâquis chez des prostituées, accompagnés jusqu'à la porte de la chambre par un gardien ou un sociothérapeute. La pratique était largement tolérée même si, sur les fiches de sorties, l'activité se résumait à «promenades et achats en ville». Au retour des sorties, assure un ex-gardien, les fouilles de sécurité des pensionnaires avaient été petit à petit abandonnées, un détenu les ayant estimées «indignes». «On ne devait surtout pas leur baisser les slips.»  

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