JOJ 2020: La patineuse blessée livre sa version des faits
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JOJ 2020La patineuse blessée livre sa version des faits

L'artiste russe qui s'était grièvement blessée lors d'une répétition de la cérémonie d'ouverture à Lausanne affirme qu'il y a eu un problème technique et critique les responsables des JOJ.

L'accident était survenu lors de la répétiton de la cérémonie d'ouverture.

L'accident était survenu lors de la répétiton de la cérémonie d'ouverture.

Keystone

L'artiste patineuse grièvement blessée lors d'une répétition de la cérémonie d'ouverture des JOJ 2020 de Lausanne va mieux. Pour la première fois, elle donne sa version des faits: «Non, je n'ai pas perdu l'équilibre, il y a eu un problème technique».

Le 7 janvier dernier, la patineuse russe de 35 ans Olga Sevastianova, domiciliée en Allemagne où elle se trouve actuellement dans un hôpital, se blessait grièvement à la patinoire de Malley. Tractée au-dessus de la glace alors qu'elle répétait un numéro pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), elle était tombée de cinq mètres de haut.

Etat grave

La Russe avait été admise au CHUV dans un état grave, sa vie étant même en danger. Les circonstances du drame ne sont toujours pas établies. Une enquête est toujours en cours. Police et organisateurs avaient toutefois parlé d'une perte d'équilibre.

Dans une interview accordée samedi à «24 Heures», la Russe s'exprime pour la première fois sur les circonstances de l'accident et donne des nouvelles sur son état de santé. Elle critique au passage le comité de Lausanne 2020 et le Comité international olympique (CIO).

Foie, tête, côtes, main et oeil touchés

Olga Sevastianova dit être désormais sauvée mais que la reconstruction s'annonce longue et éprouvante. «Beaucoup de choses ont évolué positivement, c'est sûr, mais par rapport à ce qui était mon état normal avant l'accident, il reste beaucoup à faire. D'ailleurs, personne ne peut garantir que je vais me rétablir à 100%», raconte-t-elle dans le quotidien vaudois.

«Mon foie a été très endommagé, c'était le plus gros danger pour ma vie et donc la partie qui a été opérée en premier. Le lendemain de l'accident, la pression sanguine dans ma boîte crânienne était très élevée et, pour mieux la contrôler, il a fallu enlever une partie de l'os. Il vient d'être replacé, il est maintenu par des agrafes. J'ai également passé quelques jours dans un coma artificiel. Finalement, j'ai eu quatre côtes cassées et les os d'une main complètement éclatés. Les chirurgiens ont mis 4h30 pour les reconstituer».

«J'ai déjà réappris à marcher, à boire et à manger mais il reste du travail. Je vais peut-être devoir être réopérée de la main droite car elle n'a plus aucune sensibilité. Certains os de mon visage ont aussi été fracturés, des nerfs ont été endommagés et ça a touché mon œil droit. Il est légèrement désaxé. Donc je vois double. Si ça ne s'arrange pas, il faudra aussi une opération», détaille la victime.

«Aucun soutien» des JOJ et du CIO

L'acrobate nie catégoriquement la thèse de la perte d'équilibre. «Il y a une chose dont je suis absolument sûre, c'est que je n'ai pas perdu l'équilibre mais qu'il y a eu un problème technique. Je ne sais pas qui en est responsable mais l'enquête pénale en cours devra le dire. Je fais confiance à la justice», affirme-t-elle.

Elle dit aussi n'avoir aucun soutien du comité d'organisation des JOJ de Lausanne et du CIO. «Je n'ai aucun contact avec eux. Je suis soutenue par mes amis, par les inconnus qui ont fait des dons en ma faveur et par le personnel merveilleux du CHUV. Les gens qui m'ont fait venir à Lausanne ne me témoignent aucun soutien et cette absence de considération me pèse beaucoup», confie la patineuse.

La question de la prise en charge financière finale reste en suspens, selon elle. «Il y a beaucoup d'intervenants dans l'organisation des JOJ et, pour l'instant, ils se renvoient la balle». Une amie patineuse a lancé une campagne de «crowfunding» sur les réseaux sociaux pour venir en aide à l'artiste patineuse.

Olga Sevastianov dit ne pas savoir si elle pourra repatiner un jour. «En tout cas, je ne pourrai plus jamais réaliser les numéros que j'exécutais avant, ils demandent trop d'aptitudes que je ne retrouverai pas».

(ats)

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