Tennis: La pause forcée surréaliste de Djokovic et Millman
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TennisLa pause forcée surréaliste de Djokovic et Millman

À 2-2 dans le deuxième set, et sans demander la permission à l’arbitre, l'Australien a incité le Serbe à prendre une pause. Qui s'avéra salvatrice pour «Nole».

par
Mathieu Aeschmann
New York
L'arbitre de chaise a été mis devant le fait accompli par John Millman (surtout) et Novak Djokovic (à g.).

L'arbitre de chaise a été mis devant le fait accompli par John Millman (surtout) et Novak Djokovic (à g.).

AFP

Cet US Open n’est décidément pas comme les autres. Après le «Cornet gate», le «scandale Lahyani», les innombrables défaillances et le chef-d’œuvre Thiem - Nadal, la soirée de mercredi a été marquée par une première: l’autogestion en quarts de finale de Grand Chelem.

La scène, un peu surréaliste, s’est déroulée alors que Novak Djokovic et John Millman ferraillaient depuis déjà plus d’une heure dans la touffeur du Ashe (6-3 2-2). Bouche ouverte, visage cramoisi, le Serbe venait de perdre l’équilibre deux fois en fin de geste.

Il semblait chercher un second souffle lorsque son adversaire s’approcha du filet en engageant la conversation. «Novak, je suis désolé mais mon short est tellement trempé que la sueur n’arrête pas de couler par terre (Djoko s’était plaint un peu plus tôt des risques de glissade). Si tu es d’accord, et seulement si tu es d’accord, je vais vite me changer.»

La suite de la conversation pourrait avoir comme cadre n’importe quel club de Suisse romande. «Tu es sûr que ça ne te dérange pas? Je suis vraiment désolé» (Millman). «Non, non, je t’en prie. Je suis ravi de pouvoir me reposer un instant.» (Djokovic).

John Millman plongeait alors dans son sac pour en ressortir un équipement complet (avec chaussures), avant de quitter le court, laissant Djokovic affalé sur sa chaise et ravi de l’aubaine. Quant à l’arbitre, pris de court, il n’avait plus d’autre choix que d’ouvrir son micro pour annoncer à la foule un point de règlement qui n’existe pas: «Mesdames et messieurs, à cause de l’humidité, Millman est parti changer de tenue.» À 2-2 et de sa propre initiative: une grande première!

Mais était-ce une bonne idée? Immédiatement, Brad Gilbert qui officiait comme commentateur au bord du court pour ESPN s’étrangla. «Mais pourquoi Millman offre-t-il une pause à Djokovic alors qu’il est au bord du précipice? Il va lui rendre service.»

«BG» avait vu juste. Durant les six minutes et demie de cet étrange arrêt, «Nole» eut en effet le temps de recevoir une boisson d’effort et des tablettes de la part de son box. Il utilisa aussi un spray nasal, comme s’il soignait un refroidissement. Sans surprise, le sentiment d’urgence qui semblait l’oppresser s’était envolé au moment de revenir sur le court.

Novak Djokovic pouvait ainsi reprendre sa lente entreprise d’usure. Une heure et demie plus tard, il se qualifiait sans souci – et un peu grâce à un cet étrange épisode - pour sa onzième demi-finale de suite à l’US Open.

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