UNICEF: La pauvreté des enfants demeure élevée en Europe
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UNICEFLa pauvreté des enfants demeure élevée en Europe

Plus d'un quart des Européens de moins de 16 ans sont pauvres et, par conséquent, menacés d'exclusion sociale.

Des études montrent que ce sont avant tout les enfants qui souffrent des crises.

Des études montrent que ce sont avant tout les enfants qui souffrent des crises.

Keystone

Quelque 23 millions d'enfants, soit 27,4% des enfants européens, grandissent dans un contexte discriminatoire, selon Eurostat.

La Suisse est l'un des rares pays où la pauvreté infantile serait de moins de 20% depuis 2011. Selon ces statistiques publiées à la mi-juillet, elle aurait été de 17,6% en 2014. Seuls le Danemark, les Pays-bas, la Finlande, la Suède et la Norvège ont des chiffres inférieurs.

En Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie en revanche, près d'un enfant sur deux est considéré comme pauvre.

«Les résultats de l'enquête d'Eurostat sont inquiétants et confirment les préoccupations que l'UNICEF Suisse a exprimées à plusieurs reprises ces dernières années», réagit Charlotte Schweizer, porte-parole de l'ONG interrogée par l'ats.

Elle rappelle que l'UNICEF avait publié une étude détaillée qui montre que, depuis le début de la crise financière et économique, la pauvreté et l'inégalité des revenus ont grandi en Europe et que ce sont avant tout les enfants qui souffrent des crises.

«Il est absolument nécessaire que la société accorde les mêmes possibilités de développement, les mêmes opportunités d'éducation à tous les enfants», insiste Mme Schweizer.

Risques de discrimination

Urs Kiener, de Pro Juventute, explique ce que représente concrètement cette pauvreté. «Sans un peu d'argent, les enfants risquent d'être exclus de certaines activités sociales et d'être ainsi isolés». Certains parents n'ont par exemple pas la possibilité de donner dix francs à leur enfant pour aller à la piscine, poursuit-il à la demande de l'ats.

Issus prioritairement de ménages monoparentaux, sans emploi, sans formation ou vivant seuls, ces jeunes restent à la maison, s'ennuient.

«Le danger d'être touché (par la pauvreté) est grand. On compte en Suisse environ 600'000 personnes dont le revenu mensuel ne dépasse pas 2200 francs et 400'000 qui ont des difficultés en cas de dépenses imprévues», précise M. Kiener.

Depuis quelques années, Pro Juventute propose des cours aux adultes et aux enfants pour améliorer leurs compétences financières. «On observe peu à peu que le thème de la pauvreté est moins tabou, on en parle plus ouvertement», conclut M. Kiener.

(ats)

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