Contrebande: La perpétuité pour 150 Chinois accusés de trafic de bois
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ContrebandeLa perpétuité pour 150 Chinois accusés de trafic de bois

Plus de 150 Chinois ont été condamnés à vie en Birmanie pour trafic de bois. Le gouvernement chinois dénonce la sévérité de cette décision.

L'existence de ce trafic n'a rien d'une surprise, la Chine se livrant depuis des années à ce commerce illicite. (Jeudi 23 juillet 2015)

L'existence de ce trafic n'a rien d'une surprise, la Chine se livrant depuis des années à ce commerce illicite. (Jeudi 23 juillet 2015)

Keystone

Plus de 150 Chinois ont été condamnés à la prison à vie en Birmanie pour trafic de bois, suscitant jeudi l'«inquiétude» de Pékin, dernier épisode en date d'une relation sino-birmane de plus en plus tendue.

Ces 153 Chinois ont été condamnés mercredi par un tribunal de Myitkina (État Kachin, nord), à la réclusion à perpétuité, synonyme en Birmanie de vingt ans de prison. Deux mineurs du groupe ont été condamnés quant à eux à dix ans de prison.

Condamnation trop sévère

Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a critiqué la sévérité de cette condamnation de masse et demandé à ce «que ces gens soient renvoyés en Chine le plus vite possible», enjoignant la Birmanie de «traiter cette affaire dans le respect de la loi».

«Je pense que la Chine comprendra» cette décision de justice, a réagi Ye Htut, ministre birman de l'Information interrogé par l'AFP, insistant sur la nécessité de «faire cesser la coupe illégale de bois».

Ce groupe de Chinois avait été arrêté en janvier lors d'une opération contre le trafic de bois en État Kachin, à la frontière avec la Chine.

Trafic existant depuis des années

L'existence de ce trafic n'a rien d'une surprise, la Chine se livrant depuis des années à ce commerce illicite, en toute impunité à l'époque de la junte militaire au pouvoir en Birmanie, qui était alors soutenue politiquement et économiquement par Pékin.

Mais depuis l'autodissolution de la junte en 2011, les relations entre les deux voisins n'ont cessé de se dégrader et la grogne populaire de monter en Birmanie contre ces incursions chinoises, à la recherche des abondantes matières premières de Birmanie.

Tensions sino-birmanes

Cette condamnation de masse intervient après une série de tensions dans les relations entre les deux pays.

Début mars, dans la région de Kokang, où l'armée birmane combat des rebelles d'une ethnie chinoise, une bombe apparemment lâchée depuis un avion de l'armée birmane avait atterri en Chine et tué cinq ouvriers.

A cela s'ajoute la visite remarquée le mois dernier à Pékin de l'opposante Aung San Suu Kyi, dont le parti est grand favori des législatives prévues en novembre. Elle y a rencontré le président Xi Jinping, marquant un virage diplomatique de Pékin.

(AFP)

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