Etats-Unis: La perquisition du FBI pourrait faire les affaires de Donald Trump

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États-UnisLa perquisition du FBI pourrait faire les affaires de Donald Trump

Les documents «top secret» saisis chez l’ancien président en Floride, étaient détenus en possible violation d’une loi sur la sécurité nationale. Paradoxalement, cela pourrait lui donner un coup de pouce, en lui permettant d’à nouveau se dépeindre comme un martyr.

L’ancien président américain Donald Trump trouve des avantages dans ce dernier scandale. Une fois de plus, il domine les gros titres, et peut offrir à sa base une nouvelle théorie du complot, circulant déjà partout sur les réseaux sociaux de droite, remplis d’appels à prendre les armes et à la guerre civile.

L’ancien président américain Donald Trump trouve des avantages dans ce dernier scandale. Une fois de plus, il domine les gros titres, et peut offrir à sa base une nouvelle théorie du complot, circulant déjà partout sur les réseaux sociaux de droite, remplis d’appels à prendre les armes et à la guerre civile.

AFP

Lors d’une perquisition du FBI chez l’ancien président en Floride, des documents «top secret» ont été saisis, en possible violation d’une loi sur la sécurité nationale. Paradoxalement, ces révélations pourraient donner un coup de pouce à l’ancien homme d’affaires, qui flirtait déjà ostensiblement avec une nouvelle candidature à l’élection présidentielle de 2024, en lui permettant d’à nouveau se dépeindre comme un martyr.

Trump en 2024?

«Je pensais déjà qu’il allait se présenter avant ça, j’en suis encore plus convaincu aujourd’hui», a déclaré le sénateur républicain Lindsey Graham sur Fox News. Or selon les experts, si l’ancien président se déclare effectivement, alors il est certain que Joe Biden le fera aussi. Même en étant le plus vieux président américain en exercice, à 79 ans, le démocrate considère en effet qu’il est de sa responsabilité historique de débarrasser l’Amérique de Donald Trump.

«Si vous pensez que les campagnes présidentielles de Trump en 2016 et 2020 étaient odieuses, vous n’avez encore rien vu»

Allan Lichtman, professeur d’histoire à l’American University.

Compte tenu du mensonge entretenu par Donald Trump sur sa prétendue victoire volée en 2020, et son rôle dans l’attaque du Capitole, le match retour pourrait ne pas être très beau à regarder. «Si vous pensez que les campagnes présidentielles de Trump en 2016 et 2020 étaient odieuses, vous n’avez encore rien vu», a prévenu Allan Lichtman, professeur d’histoire à l’American University.

Au centre de l’attention

Selon des experts politiques, la perquisition du FBI change la donne, et pourrait bénéficier aux deux camps. Du point de vue de Joe Biden, la logique est facile à suivre: Donald Trump est empêtré dans de nombreuses enquêtes judiciaires, sur de possibles tentatives d’influencer une élection ou encore des fraudes financières. De quoi embarrasser les républicains, et mobiliser les troupes démocrates, qui rêvent de plus en plus d’une victoire surprise lors des élections législatives de novembre, où le contrôle du Congrès est remis en jeu.

Mais l’ancien président trouve aussi des avantages dans ce dernier scandale. Une fois de plus, il domine les gros titres, et peut offrir à sa base une nouvelle théorie du complot, circulant déjà partout sur les réseaux sociaux de droite, remplis d’appels à prendre les armes et à la guerre civile.

«Donald Trump dispose de plus de 100 millions de dollars dans sa caisse électorale. Mais il a aussi quelque chose de plus précieux encore: une enquête du FBI contre lui, résume Richard Lowry, du magazine conservateur "National Review". Cela le remet au centre de l’attention. Et lui permet de se présenter comme une victime assiégée.»

Pas d’adversaires pour Trump

L’emprise de Donald Trump sur son parti balaierait tout adversaire potentiel lors d’une primaire républicaine. S’il veut l’investiture, «je ne vois pas comment il pourrait ne pas l’avoir», estime l’analyste politique John Thomas auprès de Politico. «Il s’agira d’un couronnement.» Dans la foulée, Joe Biden suivra certainement, faisant fi des doutes qu’il entretient peut-être en privé sur l’opportunité de laisser la place à une personnalité plus jeune.

Le démocrate, qui reste très impopulaire et pour qui l’année écoulée a été difficile, a enregistré dernièrement des succès législatifs, et pourrait bénéficier de la colère suscitée par les décisions de la Cour suprême, revenue notamment sur le droit constitutionnel à l’avortement. De quoi entretenir l’optimisme de certains conseillers sur sa capacité à battre le républicain.

Mais les électeurs, eux, pourraient ne vraiment vouloir ni de l’un, ni de l’autre. En juillet, quelque 60% estimaient que Joe Biden ne devrait pas se représenter pour 2024. De même concernant Donald Trump, pour 57% d’entre eux.

(AFP)

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