19.12.2012 à 11:01

InsoucianceLa petite vie si normale de Laurent Ségalat

Condamné le 30 novembre à 16 ans de prison pour le meurtre de sa belle-mère, le généticien coule des jours paisibles sur les rives françaises du Léman. Dans un HLM.

par
Benjamin Pillard
Des habitants de ce HLM de Thonon-les-Bains avouent leur crainte depuis qu’ils ont appris que Laurent Ségalat habitait le même immeuble qu’eux.

Des habitants de ce HLM de Thonon-les-Bains avouent leur crainte depuis qu’ils ont appris que Laurent Ségalat habitait le même immeuble qu’eux.

Jean-Guy Python

«Ce type vit dans l’immeuble?! J’y crois pas; faut qu’on se tire d’ici!» Sous le choc, cette mère de jeunes enfants s’apprête à quitter l’appartement de Thonon-les-Bains (F) dans lequel elle vit pourtant depuis 18 ans avec son mari. A l’instar d’autres locataires de ce bâtiment de 13 logements subventionnés, cette habitante ignorait que le généticien qui fait la une de l’hebdomadaire local pour avoir été condamné il y a deux semaines en Suisse à 16 ans de prison pour le meurtre de sa belle-mère n’est autre que leur voisin d’immeuble. «Depuis son jugement, je l’évite; il me fait froid dans le dos», témoigne une autre résidente, au sujet de Laurent Ségalat, 48 ans, qu’elle qualifie de glacial lorsqu’elle le croise dans la cage d’escalier, les lunettes de soleil «en permanence» sur le nez. Cela ne fait que six mois que le meurtrier de sa belle-mère, Catherine Ségalat, municipale de Vaux-sur-Morges (VD), vit dans ce locatif du centre-ville de Thonon, qui n’est autre qu’un HLM. Réservé théoriquement aux ménages dont le revenu mensuel est inférieur à 2600 francs, selon une directive communale. Le généticien a pourtant déclaré au tribunal toucher 4200 francs par mois pour son travail au CNRS. Sans compter le salaire de sa compagne, enseignante dans une école du quartier.

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