Publié

CulteLa «photo du siècle» a 50 ans

Le célèbre cliché regroupant tous les yé-yé a été pris le 12 avril 1966. Son auteur, Jean-Marie Périer, se souvient.

par
Laurent Flückiger
Jean-Marie Périer

Les médias français l’ont appelée la «photo du siècle». Pour cause: de Johnny Hallyday à Sylvie Vartan en passant par Claude François, Michel Berger et Sheila, ils sont tous là. En tout, 46 artistes de la génération yé-yé figurent sur ce portrait de groupe devant servir de poster central du numéro spécial 47 du magazine Salut les Copains, pour fêter le quatrième anniversaire de sa parution. Le cliché a été pris il y a exactement cinquante ans, le 12 avril 1966, à 16 h, au studio Mac Mahon, rue des Acacias, à Paris, par Jean-Marie Périer. «C’était facile: ça a pris deux minutes et après on a tous bu un coup», se souvient le photographe, joint hier. Pour la préparation, par contre, il a fallu trois semaines de travail. «Mais ce n’était pas compliqué. Il y a juste Johnny qui se trouvait à l’étranger et à qui il a fallu envoyer un billet d’avion. C’est moi qui les ai tous appelés. Avant, il n’y avait pas d’intermédiaire, ils n’avaient peur de rien. Comme je dis toujours: ils n’avaient pas de problème d’image vu qu’ils ne savaient pas qu’ils en avaient une!»

Johnny sur une échelle

Il n’empêche, il pouvait y avoir des vexations. Et Jean-Marie Périer a dû ruser afin que Johnny Hallyday soit mis en valeur. En effet, pour le photographe, Salut les Copains, les années 1960, c’est d’abord le chanteur de «Retiens la nuit», c’est par lui que tout a commencé. «J’ai laissé une échelle, comme si on n’avait pas fini de peindre l’inscription. Au dernier moment, je lui ai demandé d’y monter d’un échelon en prétendant ne pas bien le voir.» A l’époque, Richard Anthony et Claude François étaient tout aussi populaires et ils n’auraient pas aimé découvrir le subterfuge de Jean-Marie Périer.

Si on parle de 46 artistes, le chiffre 47 est parfois également cité. «Ah oui, c’est Chouchou, l’affreuse petite marionnette de Salut les Copains. Elle me faisait penser à un gros cafard.» Frank Alamo, lui, n’a pas pu être sur le portrait parce qu’il se trouvait au service militaire. On raconte aussi que Petula Clark est arrivée quelques minutes en retard de retour des Etats-Unis et donc n’y figure pas. «Mais, si on avait attendu six mois de plus, il y aurait eu Jacques Dutronc, Nino Ferrer, Michel Sardou, Julien Clerc et Michel Polnareff, qui n’étaient pas encore connus. Je le regrette.» Comment les fans ont-ils accueilli le poster publié en juin 1966? «Les fans étaient très contents. A l’époque, tout était un événement dans ce p… de journal», rigole Jean-Marie Périer. «Moi, je regarde toute cette période avec nostalgie. Mais je n’ai pas de regret, je savais exactement ce que j’étais en train de vivre, ajoute celui qui a 76 ans et a commencé par photographier à 16 ans Miles Davis et Ella Fitzgerald. C’était des mômes et ce n’était pas sérieux comme aujourd’hui.»

Cloclo de retour en hologramme

En parlant de nostalgie, que pense-t-il de cette drôle d’annonce faite hier par un producteur? David Michel prépare un concert avec quatre idoles décédées, Dalida, Claude François, Sacha Distel et Mike Brant, qui seront de retour en hologrammes à l’affiche du Palais des Congrès, à Paris, à partir de janvier 2017! «Oui, j’ai lu ça. Je suis partagé: c’est à la fois d’un morbide absolu et c’est une idée fantastique. Je suis sûr que, si Cloclo était encore là, ça lui ferait un plaisir fou. Mais la vraie idée serait de faire le même concept avec des gens encore vivants, comme Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, en hologrammes sur scène à l’âge de 18 ans.»

Votre opinion