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Affaire GiroudLa plainte de Dominique Giroud contre la RTS rejetée

L'Autorité indépendante d'examen de plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a rejeté une plainte déposée par l'encaveur valaisan Dominique Giroud contre un reportage diffusé par la RTS le 6 décembre 2013.

L'encaveur valaisan Dominique Giroud.(Photo d'illustration)

L'encaveur valaisan Dominique Giroud.(Photo d'illustration)

Keystone

L'AIEP a considéré qu'il s'agissait d'une affaire délicate. Si les journalistes qui ont réalisé le reportage ont respecté les faits, des «inexactitudes» et des «termes forts», ajoutés les uns aux autres, ont presque convaincu l'AIEP de dire oui aux plaignants, Dominique Giroud et sa société Giroud Vins SA.

Ces derniers attendent la publication des considérants «d'ici quelques semaines» avant de décider s'ils déposent un recours ou non devant le Tribunal fédéral (TF), a indiqué à l'ats Marc Comina, porte-parole de Dominique Giroud, à l'issue de la rencontre de l'AIEP vendredi à Berne. A ce stade, la balance penche plutôt en faveur d'un recours.

«Le public a pu se faire une opinion»

Suzanne Pasquier Rossier, qui a évalué le cas pour l'AIEP, a recommandé de rejeter la plainte, estimant que «le public a pu se faire une opinion malgré des imperfections». De plus, celles-ci concernaient surtout la deuxième partie du reportage et l'étiquetage du vin, qui n'aurait pas été correct.

La présomption d'innocence a occupé Carine Egger Scholl, vice-présidente de l'AIEP. Elle s'est demandée si celle de Dominique Giroud a été respectée. D'abord hésitante, elle a penché en faveur des plaignants au moment du vote estimant que ce principe devait être respecté d'autant plus fortement qu'il s'agit d'une personne publique, dont «les médias rapportent les faits et gestes».

Stéphane Werly a jugé au contraire que les exigences de diligence ont été respectées par les journalistes. «L'image de M. Giroud ne ressort pas plus négative» en raison des imperfections relevées dans le reportage.

Le rappel de jugements antérieurs a aussi été remis en question. Pour Catherine Müller, ces informations permettent de dresser le portrait du Valaisan. Cette analyse a été contestée par Paolo Caratti, qui y voyait plutôt des éléments donnant une image encore plus sombre de l'encaveur.

Intérêt public manifeste

Dans une réponse donnée en juin, la SSR avait conclu que l'homme, connu pour son militantisme catholique conservateur et dont le nom était associé en Valais à plusieurs clubs sportifs, remplissait les critères pour être qualifié d'homme public. De plus, comme deux enquêtes étaient ouvertes à son encontre: l'une fédérale (fiscalité), l'autre pénale par le canton de Vaud, l'intérêt public était manifeste.

La décision de l'AIEP est tombée vendredi après plusieurs mois de dialogue entre Dominique Giroud et la SSR. L'encaveur valaisan a déposé plainte en mai 2014 contre ce reportage du «19:30» tandis que la SSR lui a répondu fin juin. L'encaveur a répliqué en septembre avant que la SSR ne réponde à nouveau en octobre.

(ats)

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