Motocyclisme - La pluie au rendez-vous du Mans
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MotocyclismeLa pluie au rendez-vous du Mans

Les services météorologiques sont unanimes: il devrait beaucoup pleuvoir ce week-end sur la Sarthe. Le GP de France promet son lot d’incertitudes.

par
Jean-Claude Schertenleib

L’an dernier - c’était beaucoup plus tard dans la saison, Covid-19 oblige -, Danilo Petrucci avait remporté le GP de France sous la pluie. C’était sa deuxième victoire en MotoGP, la seconde avec Ducati. Passé chez KTM, l’Italien n’est pas mécontent quand il scrute le ciel et les sites de prévisions météorologiques: la pluie est annoncée sur la Sarthe ces trois prochains jours. Quid des autres, comme le nouveau leader du championnat du monde, Francesco Bagnaia? «Je crois que, de toute ma carrière en GP, toutes catégories confondues, je n’ai connu que six courses sous la pluie. L’an dernier, le début n’avait pas été mauvais, la fin beaucoup plus compliquée», explique l’Italien. Qui sait que la Ducati se comporte plutôt bien dans ce genre de conditions. Comme dans toutes les autres, désormais. Rappel du dernier podium sarthois en date, celui du 11 octobre dernier: Petrucci, Alex Márquez, Pol Espargaró. Soit une Ducati, une Honda et une KTM.

Quartararo: intervention inévitable

Devant la multiplication des cas de syndrome des loges (augmentation de la pression dans un compartiment musculaire, causant des lésions ainsi que de la douleur), certains spécialistes estiment dorénavant que les pilotes ont tendance à se faire opérer trop rapidement. Qu’il faudrait mieux revoir les méthodes d’entraînement, pour prévenir le mal: «En pleine saison, il y a des courses toutes les deux semaines; ce laps de temps, très court, ne permet pas de développer un entraînement différent», répond Fabio Quartararo, le dernier opéré en date: «Le GP d’Espagne a été très frustrant pour moi, parce que j’avais le rythme pour gagner et, qu’au fil des tours, je n’ai plus eu la force nécessaire. Je n’arrivais plus à freiner normalement et il me restait encore 10 tours à couvrir dans ces conditions; j’ai rapidement compris que la victoire s’envolait. Puis, il a fallu serrer les dents pour sauver quelques points. Dans ces conditions, l’intervention chirurgicale était inévitable.» Elle s’est bien passée.

Fabio Quartararo tient à sa revanche.

Fabio Quartararo tient à sa revanche.

AFP

Aprilia-Dovizioso: ça se précise

La saison 2021 à peine commencée qu’on parle déjà de 2022. Et notamment de la possibilité de voir Aprilia doubler ses effectifs, avec un team devenu «factory» et une équipe satellite. Cette semaine, sur le circuit du Mugello, Andrea Dovizioso – qui a pris une année sabbatique – a roulé pour la deuxième fois avec la RS-GP; malheureusement, en Toscane, les conditions météorologiques étaient également à la pluie.

Lüthi au Mans: l’heure du réveil!

Chaque année, Thomas Lüthi tient le même discours. Même s’il sait... Il sait que le circuit Bugatti, au Mans, est important dans sa carrière: sa première pole position, sa première victoire, le premier tracé où il s’est imposé à plus d’une reprise (2005 et 2006, en 125 cm 3 ), où il a encore gagné deux autres fois, en Moto2 (2012 et 2015). Il sait tout cela, mais il insiste: «J’y suis à l’aise, mais ce n’est de loin pas le circuit que je préfère, pas assez de grandes courbes rapides.» Ce week-end de la mi-mai 2021, y vient-il pour la dernière fois en tant que pilote? La question, désormais, doit être posée.

Même s’il refuse de l’entendre. Contractuellement, il est encore lié avec le team SAG-Mandelika pour 2022, mais il ne faut pas se leurrer: «Si les performances restent jusqu’au bout de l’année ce qu’elles sont actuellement, nous devrons en tirer les conséquences», avoue en «off» une personne très proche du dossier. Le GP de France 2005 avait été celui de l’éveil pour Lüthi; le GP de France 2021 doit être celui du réveil!

Coup de main pour NTS et MV-Agusta

Le système des «concessions» (plus de moteurs à disposition, possibilités accrues de développement et de tests pour les marques qui n’ont pas encore gagné) a notamment permis à KTM d’effectuer les progrès que l’on sait l’an dernier. La marque autrichienne a perdu cet avantage et, en MotoGP, seul Aprilia bénéficie encore de ce coup de mains. Ce système a été adapté avec effet immédiat à la classe Moto2. NTS et MV-Agusta, qui avaient participé au championnat 2020 avec leurs motos aux spécifications 2019, ont été obligés d’entamer la saison actuelle avec le même matériel, un gel général du développement ayant été décidé pour les saisons 2020 et 2021, en raison de la pandémie de Covid-19. Pour tenter d’égaliser les chances avec le géant Kalex et les Boscoscuro (ex-Speed Up), les deux artisans de la classe intermédiaire ont, dès ce GP, le droit d’utiliser les pièces qu’ils ont développé l’an dernier; pour la moto japonaise NTS, il s’agit de la partie avant et d’un carénage et, pour la moto italienne, des mêmes éléments, ainsi que d’un nouveau bras oscillant.

Le Fribourgeois Dupasquier en action

Le Fribourgeois Dupasquier en action

DR

Dupasquier adore le Mans

Jason Dupasquier a le moral. Et il a de quoi: «Le Mans est l’un de mes circuits favoris. L’an dernier, sous la pluie, j’y avais signé l’une de mes meilleures performances de la saison (17e). Depuis le début de ce championnat, nous avons passé un cap important, mais je sais que nous devons encore progresser», explique le Fribourgeois. Alors que d’aucuns, de l’autre côté de la Sarine, imaginent déjà Jason en Moto2 l’an prochain à la place de Thomas Lüthi, Daniel-M. Epp, qui aide à la carrière du Fribourgeois et qui gère celle du Bernois, garde les pieds sur terre: «Avec le team des frères Prüstel, nous grandissons ensemble. Et nous n’avons pas fini.»

Deuxième rendez-vous pour la MotoE

A une semaine de ses grands débuts en championnat du monde supersport sur le circuit d’Aragón (une première course samedi, une deuxième dimanche), Dominique Aegerter est au Mans pour la deuxième course de la saison MotoE, deux semaines après sa solide deuxième place de Jerez de la Frontera: «Malheureusement, la pluie est annoncée, ce qui ne facilite pas les choses pour nous, avec des séances d’essais courtes (30 minutes). L’an dernier, j’avais été «descendu» par un adversaire dès la première chicane de la première course française; le lendemain, en partant de la dernière place, j’avais réussi à revenir en quatrième position. Je me sais rapide, j’ai pleine confiance en mon équipe et je suis certain de pouvoir gérer positivement les problèmes qui nous seront proposés», explique le Bernois.

Dominique Aegerter en favori

Dominique Aegerter en favori

DR

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