03.10.2014 à 09:22

La police a agi conformément à la loi dans l'affaire Geri Müller

Scandale des selfies

La partenaire de «chat» du maire de Baden Geri Mïller a montré le contenu aux policiers sans y être incitée, écrit le gouvernement argovien dans sa réponse, publiée vendredi, à une interpellation de l'UDC.

par
smk / ATS
L'affaire des selfies nus risque d'empoisonner longtemps encore la vie politique de Geri Müller, maire de Baden et conseiller national écologiste.

L'affaire des selfies nus risque d'empoisonner longtemps encore la vie politique de Geri Müller, maire de Baden et conseiller national écologiste.

Keystone

Le Conseil d'Etat argovien a dévoilé ce vendredi 3 octobre des détails sur l'affaire Geri Müller et des «selfies nus» en réponse à une motion de l'UDC du canton.

Il ressort du rapport que la police a agi correctement dans l'affaire Geri Müller, selon le gouvernement argovien. Dans une réponse à l'interpellation parlementaire, l'exécutif révèle que la police n'a pas contrôlé le téléphone portable de la partenaire de «chat» du maire de Baden. La femme a montré ces détails d'elle-même aux policiers.

Interrogée dans la nuit du 13 au 14 août par la police argovienne alertée par Geri Müller, la partenaire de «chat» qui a échangé des «selfies» nus avec le politicien vert n'a pas dû se soumettre à un contrôle de son téléphone portable. Elle en a montré le contenu aux policiers sans y être incitée, écrit le gouvernement argovien dans sa réponse, publiée vendredi, à une interpellation de l'UDC.

Alertée par les deux acteurs

La police n'a contrôlé ni le téléphone portable de cette femme ni celui de Geri Müller pour vérifier la crédibilité des craintes de mise en danger de l'une ou de l'autre. Les forces de l'ordre ne sont en outre pas seulement intervenues pour interpeller la jeune femme en raison des craintes de Geri Müller. Elles ont également recherché le maire de Baden en raison des craintes de sa partenaire de «chat».

Crainte d'un suicide A l'instar de Geri Müller, la jeune femme a en effet elle aussi alerté la police lors de son interrogatoire, craignant que le conseiller national ne se suicide en raison de la révélation de l'affaire par la presse dominicale. Le politicien est alors resté introuvable et injoignable.

Le lendemain, la police a fait part à Geri Müller des événements de la nuit, à l'occasion d'une réunion professionnelle sans lien avec l'affaire. Dans le courant de la journée, le maire de Baden a alors déposé plainte contre sa partenaire de «chat» auprès du Ministère public bernois, la jeune femme étant domiciliée dans le canton de Berne.

Pas d'abus de pouvoir

Le Ministère public argovien a pour sa part renoncé d'emblée à ouvrir une procédure contre Geri Müller. Aucun indice ne laissait planer un soupçon d'abus de pouvoir du maire de Baden dans cette affaire. Il y aurait eu abus de pouvoir si Geri Müller avait mobilisé la police municipale pour l'utiliser à ses propres fins, a déclaré le procureur Daniel von Däniken le 18 août.

L'affaire des «selfies» nus a été rendue publique le 17 août par la «Schweiz am Sonntag». Le journal dominical a alors révélé que le politicien s'était photographié nu dans son bureau de maire et avait envoyé ces photos à sa partenaire de «chat».

Suspendu provisoirement par l'exécutif de Baden, Geri Müller a repris ses fonctions de maire début septembre. Ses collègues lui ont toutefois retiré le dicastère des finances et de l'urbanisme.

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