Actualisé 13.02.2019 à 11:51

La police a surveillé les abattoirs de Martigny pour rien

Valais

Informée que les lieux étaient dans le viseur des antispécistes, la police valaisanne était sur le pied de guerre. En vain. Ils étaient à Yverdon...

par
Eric Felley
Les abattoirs de Martigny ont été l'objet d'une surveillance permanente ce week-end. En réalité, la PEA n'avait aucune intention de s'y rendre. Son seul objectif était de publier une vidéo mardi...

Les abattoirs de Martigny ont été l'objet d'une surveillance permanente ce week-end. En réalité, la PEA n'avait aucune intention de s'y rendre. Son seul objectif était de publier une vidéo mardi...

Capture RTS

Le week-end dernier, un groupe d'intervention de la police valaisanne a attendu les antispécistes aux abords des abattoirs de Martigny. Cette entreprises est aujourd'hui visée dans une vidéo diffusée mardi par l'association «Pour l'égalité animale» (PEA). Informée par une source mystérieuse, la police pensait que certains de ses sympathisants allaient venir ce week-end.

A titre préventif

Une surveillance de 48 heures a été mise en place. Le commissaire de la police municipale, Frank Beretta, confirme que la police a bien investi les lieux: «Nous avons été informés que des images auraient été prises à l'intérieur, au conditionnel, car nous ne les avions pas vues. Nous avons alors prévu un dispositif à titre préventif durant le week-end pour garantir la sécurité publique et éviter un éventuel affrontement.»

Lundi matin, après deux jours et deux nuits glaciales de surveillance, aucun antispéciste à l'horizon... Fabien Truffer, porte-parole de PEA, est pour le moins surpris par cette action policière: «Ce week-end, nous avions une sortie à Yverdon pour notre assemblée générale, précise-t-il. Certains ont dû croire que c'était une couverture pour aller à Martigny s'en prendre à l'abattoir...»

La PEA sur écoute ?

Fabien Truffer s'interroge cependant sur les informations que la police a obtenues: «Il se pourrait que nous soyons sur écoute... Avant une opération comme celle de Martigny, il est clair qu'on en parle entre nous librement par téléphone ou par mail. Ce serait choquant, car nous ne sommes pas une organisation extrémiste.»

Images anonymes

Pour PEA, la confidentialité de l'opération est la règle pour ménager l'effet de surprise. Avant la diffusion de la vidéo sur YouTube, mardi, seul le vétérinaire cantonal avait pu la visionner afin de répondre à la RTS qui préparait le sujet à l'avance. Par ailleurs, les images ont été tournées en juillet et août 2018. Fabien Truffer explique que PEA les a reçues par la poste de manière anonyme: «Ce peut être un ou une militante qui a fait cela ou un employé de l'abattoir qui ne supportait pas cette façon de travailler». En fait, les antispécistes n'avaient aucune intention de revenir sur les lieux, qui plus est durant le week-end...

PEA, les modérés

En Suisse, depuis quelques années, les défenseurs de la cause animale ne passent pas inaperçus auprès de la police fédérale ou des polices cantonales. Plusieurs associations sont connues, dont PEA, considérée comme modérée, qui compte quelque 850 membres en Suisse romande. A l'inverse, l’antenne suisse de «269 Libération animale» se distingue. En décembre dernier sa représentante a été condamnée par le Tribunal de Nyon pour avoir libéré des cabris de l'abattoir de Rolle en mars 2018. Il existe aussi des activistes de la cause comme Kate Amiguet, de la fondation MART, qui a diffusé d'autres vidéos tournées dans des abattoirs. Un effet garanti pour les âmes sensibles...

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