Actualisé 22.01.2012 à 14:57

Manifestation anti-WEFLa police bernoise veut dénoncer 150 activistes

Au lendemain de la manifestation non autorisée contre le WEF 2012 à Berne, la police cantonale entend dénoncer plus de 150 activistes pour émeute.

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Les manifestants ont été rapidement évacués des rues de Berne par la police anti-émeute.

Les manifestants ont été rapidement évacués des rues de Berne par la police anti-émeute.

Reuters
Le forum de Davos se tiendra du 25 au 29 janvier prochains.

Le forum de Davos se tiendra du 25 au 29 janvier prochains.

Reuters
Des barrières ont été érigées.

Des barrières ont été érigées.

Reuters

Samedi, la police bernoise a interpellé au total 172 protestataires faisant partie de deux groupes distincts encerclés près de la gare. Parmi les personnes contrôlées figuraient 37 femmes et 135 hommes, a indiqué dimanche la police cantonale. La plupart provenaient des cantons de Berne et Zurich. Les parents des mineurs ont été informés.

Les manifestants interpellés ont été transportés dans des locaux ad hoc installés la semaine dernière dans un parking du nord-ouest de la ville, où certains ont été retenus durant plusieurs heures. Les derniers ont été relâchés vers minuit.

La police a déposé 153 plaintes pour émeute. Par ailleurs, plusieurs manifestants seront dénoncés pour violences et menaces envers fonctionnaires, infractions à la loi sur les armes et port de cagoule. Une personne est en outre recherchée.

Important dispositif

Avec un gros dispositif, la police a ainsi étouffé dans l’oeuf la manifestation. Des centaines de policiers de quatre cantons (BE, GE, ZH et BS) étaient engagés. Le porte-parole de la police bernoise Michael Fichter n’a pas voulu faire de commentaire à ce sujet, mentionnant simplement un déploiement «considérable» en raison d’appels à la violence.

Une partie des manifestants - une centaine de personnes - a été encerclée devant la gare, contrôlée et fouillée. Les badauds observaient les manifestants scandant des slogans anticapitalistes entourés de nombreux policiers en tenue anti-émeute.

Un canon à eau était également prêt à intervenir. Une manifestante équipée d’un mégaphone a vainement invité les policiers à laisser le cortège suivre le parcours prévu. Un autre groupe de 100 à 120 personnes en provenance du centre alternatif de la Reithalle a également été stoppé par la police, qui a essuyé des jets de pétards et d’objets divers. Une grande partie de ces manifestants étaient cagoulés. Des sprays au poivre, des pétards, des cagoules et des casques ont été saisis.

«Wipe out WEF»

Le municipal de la police Reto Nause (PDC) avait annoncé dans le courant de la semaine que tout serait entrepris afin d’éviter des débordements. Interrogé par l’ats, il a estimé dimanche que le bilan de l’opération était positif, soulignant qu’il avait été impossible de contacter les organisateurs de la manifestation.

Sous le slogan «Wipe out WEF», ceux-ci appelaient à une manifestation suprarégionale, estimant que le Forum économique mondial n’est «pas une partie de la solution mais une partie du problème capitaliste».

Ces évènements ont eu pour conséquence que certains tronçons de rues de la vieille ville étaient fermés aux piétons. Les transports publics ont également été perturbés. Une petite centaine de personnes ont tout de même défilé dans le centre-ville après avoir été contrôlées. Aucun dégât n’a été signalé.

Réactions partagées

Les réactions politiques sont partagées. L’organisation AntiRep a jugé l’intervention policière injustifiée et disproportionnée.

La gauche et les Verts demandent une enquête indépendante, tandis que l’UDC, le PLR et le PDC saluent l’action conséquente des autorités.

(ats)

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