13.05.2020 à 12:16

La police ou l'ado disparue, qui dit la vérité?

Hong Kong

L’adolescente avait déposé une plainte en affirmant avoir été violée par quatre policiers. La voici soupçonnée de faux témoignage et recherchée.

Hong Kong en période de pandémie.

Hong Kong en période de pandémie.

Keystone

La police hongkongaise est à la recherche d’une adolescente qu’elle soupçonne de faux témoignages, la jeune fille ayant accusé des policiers de l’avoir violée en garde à vue.

Cette accusation de viol remonte à l’an dernier, au moment des manifestations pro démocraties monstres qui ont secoué l’ex-colonie britannique de juin à décembre 2019.

L’adolescente, qui souhaite demeurer anonyme pour des raisons légales, avait déposé une plainte en affirmant avoir été violée par quatre policiers en septembre et avoir été contrainte d’avorter par la suite. Elle a affirmé avoir donné à la police des échantillons de l’ADN prélevé sur le fœtus.

Elle s’est «enfuie»

Le chef de la police hongkongaise, Chris Tang a indiqué mardi que les procureurs avaient conclu que la femme avait menti au sujet de ce viol. «Le Ministère de la justice nous a demandé de l’arrêter parce qu’elle est soupçonnée d’avoir fait une fausse déclaration», a déclaré Chris Tang, ajoutant que la femme s’était «enfuie» et est désormais «une personne recherchée».

Ses avocats ont publié mercredi un communiqué émanant de la jeune fille dans laquelle elle accuse la police de la «discréditer publiquement et d’amoindrir ainsi toute chance de voir la procédure aboutir». Par le passé, Vidler and Co Solicitors avait déjà accusé la police d’avoir fait échouer ses tentatives d’accès aux preuves.

Le cabinet d’avocats a expliqué que le parquet a décidé en avril de ne pas donner suite à cette procédure parce que le témoignage de la femme était «contraire aux preuves qu’ils ont obtenues».

La colère reste vive

«Mais ni elle ni ses avocats n’ont pu accéder à ces preuves-là», a ajouté le cabinet.

Sollicitée par l’AFP, la police n’a pas répondu.

La colère envers la police demeure vive à Hong Kong même si le mouvement de contestation a perdu en intensité en raison de la pandémie de coronavirus.

Parmi les revendications du mouvement de contestation figure une enquête indépendante sur les agissements de la police mais l’exécutif local, aligné sur Pékin, s’y est opposée.

(AFP)

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