Papouasie-Nouvelle-Guinée: La police ouvre le feu sur des étudiants
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Papouasie-Nouvelle-GuinéeLa police ouvre le feu sur des étudiants

Les forces de l'ordre ont tiré, mercredi, sur des étudiants qui manifestaient dans la capitale.

La police de Papouasie-Nouvelle-Guinée a ouvert le feu sur des étudiants qui manifestaient mercredi contre le premier ministre dans la capitale, Port-Moresby, et jusqu'à huit personnes auraient été blessées, ont rapporté les médias.

Depuis un mois, les étudiants boycottent les cours pour demander la démission du Premier ministre Peter O'Neill et protester contre son refus de se soumettre à un mandat d'arrêt qui a été lancé contre lui en raison de soupçons de corruption.

Selon les médias locaux, les heurts ont éclaté au moment où les étudiants s'apprêtaient partir de l'Université de Papouasie-Nouvelle-Guinée pour aller manifester devant le Parlement, où le premier ministre doit affronter une motion de défiance.

#BREAKING: A number of university students have been shot by police in Papua New Guinea during a march. #9Todayhttps://t.co/a0vBu9FY3J— The Today Show (@TheTodayShow) 8 juin 2016

«Ils ont tiré, ils ont tiré directement dans la foule», a déclaré un étudiant, Gerald Peni, à la Australian Broadcasting Corporation. «Beaucoup d'étudiants sont tombés, ils ont été blessés, on ne sait pas pour le moment combien il y a de victimes».

La chaîne papouasienne EMTV a déclaré sur Twitter, citant des médecins, que huit étudiants avaient été hospitalisés, dont trois dans un état critique. Des foules imposantes ont commencé à se rassembler devant l'hôpital de Port-Moresby.

Tirs confirmés

«Les étudiants ont commencé à se rassembler tôt ce matin en vue d'une manifestation qui devait coïncider avec la motion de défiance déposée par l'opposition», a dit la chaîne. «Ils ont été confrontés à des dizaines de policiers en armes devant le campus universitaire».

La police de Port-Moresby a déclaré à l'AFP qu'elle ne pouvait ni confirmer ni démentir ces informations.

La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop a déclaré avoir été en contact avec le haut commissaire australien à Port-Moresby, Bruce Davis et que celui-ci avait confirmé que des étudiants avaient essuyé des tirs.

«Nous tentons de déterminer s'il y a eu des morts et combien de personnes ont été blessées», a-t-elle dit à la presse, appelant «toutes les parties au calme».

Financements publics illégaux

La police chargée de la lutte contre la corruption cherche à entendre M. O'Neill depuis deux ans mais celui-ci a réussi à éviter de se soumettre au mandat d'arrêt lancé contre lui via une série de procédures en justice.

Les policiers cherchent à savoir s'il a autorisé le versement à un cabinet d'avocat de millions de dollars de financements publics illégaux.

En réaction au mandat d'arrêt lancé en 2014, le premier ministre avait démis de ses fonctions le directeur de la police de Papouasie-Nouvelle-Guinée et suspendu plusieurs hauts responsables du ministère de la Justice et policiers de haut rang.

Il avait également démantelé l'organisme chargé de la lutte contre la corruption dans le pays.

Le mois dernier, le premier ministre avait publié une longue lettre pour répondre aux préoccupations des étudiants, affirmant que les accusations portées contre lui l'avaient été pour des considérations politiques.

(AFP)

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