Rome: La police retrouve le butin d'un hold-up spectaculaire
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RomeLa police retrouve le butin d'un hold-up spectaculaire

En 2013, des voleurs avaient surgi de nuit dans le Musée étrusque, lancé des fumigènes et s'étaient emparés de plusieurs bijoux de grande valeur.

par
Michel Pralong
Les voleurs ne s'étaient emparés que de bijoux du XIXe siècle, inspirés par des parures de l'Antiquité. Ils les ont présenté mardi à la presse.

Les voleurs ne s'étaient emparés que de bijoux du XIXe siècle, inspirés par des parures de l'Antiquité. Ils les ont présenté mardi à la presse.

Stefano Montesi - Corbis/Getty Images

Les carabiniers italiens étaient tout sourire, mardi dernier. Lors d'une conférence de presse organisée au Musée national étrusque de la Villa Giulia, à Rome, ils ont annoncé que tous les bijoux dérobés dans ce même endroit, six ans plus tôt, avaient été retrouvés.

Le 30 mars 2013, vers 23 h 15, trois hommes pénètrent dans les jardins de cette villa située non loin du Parc de la villa Borghese. Ils bloquent avec des chaînes plusieurs portes , dont celle de la salle des gardes, les empêchant ainsi d'intervenir. Ils balancent ensuite des fumigènes dans les couloirs pour rajouter de la confusion et se dirigent vers la salle qui abrite la collection Castellani, raconte le «New York Times». Cette famille de bijoutiers du XIXe siècle avait amassé une grande quantité de bijoux étrusques, grecs et romains, qu'elle restaurait mais dont elle s'inspirait également pour créer de nouvelles pièces. Les joyaux, antiques et du XIXe siècle, exposés depuis un siècle dans ce musée sont d'une valeur inestimable.

Alarme vite donnée

Les voleurs s'apprêtent à faire main basse sur le trésor, mais les gardiens, enfermés dans leur local, sont toujours capables d'alerter la police, ce qu'ils font tout de suite. Et très rapidement, les sirènes de police résonnent à l'extérieur de la villa. Les cambrioleurs n'ont le temps de briser que deux vitrines et de s'enfuir avec une vingtaine de pièces, uniquement des bijoux datant du XIXe siècle. Mais c'était peut-être ceux-ci qu'ils visaient: les autres sont des pièces de collection, tandis que les plus récents peuvent être portés.

Une Russe soupçonnée

Les carabiniers de la section de la Protection du patrimoine culturel lancent alors l'opération «Villa Giulia» afin de récupérer les bijoux. Leurs soupçons se portent rapidement sur une femme russe qui avait récemment manifesté un vif intérêt pour la collection, disant à des antiquaires qu'elle était prête à payer n'importe quel prix pour l'avoir. Celle-ci est interpellée peu après le cambriolage à l'aéroport de Rome, alors qu'elle va s'envoler pour la Russie. Dans son téléphone, les enquêteurs retrouvent bien des photos des bijoux exposés ainsi que des clichés des caméras de surveillance du musée, mais cela ne constitue pas des preuves suffisantes pour l'arrêter. Elle peut donc quitter le pays.

Les voleurs ne sont visiblement pas des spécialistes car, les bijoux étant facilement reconnaissables, ils essaient de les vendre séparément, au marché noir. Sans succès. Leurs tentatives répétées vont permettre aux carabiniers, durant six ans, de récupérer les bijoux uns après les autres et d'identifier tous les auteurs du hold-up. Ceux-ci seront bientôt traduits en justice.

Quelques perles manquent à l'appel

Mardi, le butin récupéré a donc été présenté à la presse à la villa Giulia, sous bonne garde policière. Certains bijoux portent quelques griffures, dues au vol et il manque une perle ici ou là, mais l'essentiel est sauf. Le directeur de la villa Giulia a précisé que le musée avait amélioré ses systèmes de sécurité afin qu'un tel vol ne reproduise pas. Il en a profité pour lancer un message au gouvernement, expliquant que, pour les responsables de la culture italiens «protéger un immense patrimoine, même si nous sommes souvent en sous-effectif n'est pas une chose facile».

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