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Big BrotherLa police vous surveille avec ça!

La lecture automatique de plaques d’immatriculation se généralise au bord des routes de Suisse. Pour traquer les malfrats mais aussi les automobilistes mauvais payeurs.

par
Laurent Grabet

Ça ressemble à un coffre à outils fatigué ou, avec davantage d’imagination, à une inoffensive niche à chien. Il s’agit en réalité non pas d’un radar, mais d’un redoutable appareil de lecture automatisée de plaques d’immatriculation (LAPI), posé à côté d’une ferme, au bord de la route entre Gstaad et Gsteig (BE)!

«Cette technologie permet de reconnaître de manière ciblée des plaques minéralogiques étrangères dans le cadre d’affaires de cambriolage notamment, car ce genre d’infraction a bondi de 23% dans notre canton entre 2010 et 2013», concède, après moult insistances de notre part, le porte-parole de la police bernoise Nicolas Kessler.

Efficace et sensible

Car si l’utilisation de la LAPI par les polices cantonales est un secret de Polichinelle, il n’en est pas moins sensible. Cette technologie de reconnaissance optique de caractères, diablement efficace, est en effet en train de se généraliser partout en Suisse.

Tous les cantons romands sont déjà équipés d’au moins un de ces appareils connectés à la base de données fédérales Ripol. Cela permet de traquer les malfrats, cambrioleurs et braqueurs voleurs de voitures en tête… mais aussi le simple automobiliste! «Soit parce qu’il serait mauvais payeur, soit parfois aussi pour découvrir son véritable lieu de séjour», nous explique un policier romand préférant garder l’anonymat.

La technologie LAPI a été expérimentée dès la fin des années 1990 dans les cantons de Zurich et d’Argovie. «Mais elle ne donnait alors pas entière satisfaction. Les erreurs étaient courantes et le prix d’achat prohibitif», rappelle Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire neuchâteloise. Aujourd’hui, un de ces appareils, permettant également d’enregistrer des images, coûte moins de 100 000 fr. et sa taille n’excède guère celle d’une caméra de surveillance classique, mais il permet d’identifier des plaques de véhicules roulant jusqu’à 160 km/h! Le hic, pour l’automobiliste qui a quelque chose à se reprocher, est que les appareils LAPI sont souvent planqués dans des voitures banalisées, ou dans des endroits improbables se fondant dans l’environnement.

Se méfier des boilles à lait

Comme c’était le cas pour celui sur la route de Gstaad… jusqu’à ce que «Le Matin» le découvre. «Si vous repassez devant aujourd’hui, il ressemblera sans doute à tout autre chose…» lâche malicieux Nicolas Kessler. Il faudra donc se méfier d’une boille à lait ou d’une poubelle mal placée au bord d’une route de campagne!

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