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Musique«La pop joyeuse? Pas notre truc!»

Pourvoyeurs de rock sombre et torturé, les Anglais d'Editors débarquent ce soir à Montreux avec un album tout frais sous le bras et une formation chamboulée. Entretien à Londres avec son batteur.

par
Miguel Cid
Londres
DR

Ça bouge chez Editors. Suite au départ de son guitariste, Chris Urbanowicz, le groupe de rock indé anglais a recruté deux nouveaux membres. Emmené par Tom Smith, chanteur et compositeur charismatique de la formation, le quintette présentera ce soir au Stravinski un nouvel album épatant, «The Weight of Your Love», paru il y a deux semaines. Au placard les sonorités electro de son dernier CD. Editors fait la part belle aux guitares ainsi qu’aux belles mélodies, à l’instar du jubilatoire «A Ton of Love». Rencontre à Londres avec son batteur, Ed Lay.

Avec tous ces changements au sein du groupe, la gestation de votre nouvel album a-t-elle été douloureuse?

Non, on l’a plutôt ressenti comme une libération. Avec le départ de Chris et l’arrivée de deux nouveaux membres, c’est un peu comme si on avait formé un nouveau groupe. Cette nouvelle configuration est un soulagement après deux années pénibles. Nous n’arrivions plus à communiquer entre nous. Tom et Chris, en particulier, avaient des opinions très différentes sur notre direction musicale. On savait qu’il fallait opérer un grand changement pour pouvoir réaliser un nouveau disque.

Entre guitares et synthés votre cœur balance?

Les sonorités de cet album sont très organiques, réalisées avec de vrais instruments. On a utilisé un ou deux synthés, mais on a surtout réussi à extraire des guitares des sons intéressants. C’est pour ça qu’on a fait appel au producteur Jacquire King. Il a réalisé des disques extraordinaires qui tournent autour des guitares et on voulait un feeling rock.

Vos chansons évoquent R.E.M., Echo the Bunnymen ou U2. Quelles influences ont eu ces groupes sur vous?

Nous sommes fans de tous les groupes que vous avez cités, mais, quand on enregistre un disque, on ne pense pas à d’autres formations. Cela dit, Tom n’a jamais caché que R.E.M. est son groupe favori. Si l’on base sa carrière sur ses idoles, en particulier sur un groupe qui a autant de relief que R.E.M., on ne peut vraiment pas se tromper. Je pense que R.E.M. incarne tout ce à quoi un groupe peut aspirer.

Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de faire de la nostalgie des années 80 et 90 votre fonds de commerce?

C’est de la foutaise. Nous n’essayons pas de nous accrocher au passé. On écrit juste des chansons, et elles finissent parfois par ressembler à celles d’autres groupes, mais c’est impossible de mettre exactement le doigt sur ces similarités. Nous avons la même sensibilité que certains de ces groupes. Ils sont tous excellents et, par conséquent, nous comparer à eux est un compliment.

L’amour n’est-il qu’un fardeau? Vos nouvelles chansons le laissent supposer…

Que voulez-vous, nous sommes Editors. Les chansons pop joyeuses, ce n’est pas notre truc. Il y a obligatoirement de la noirceur dans la plupart de nos chansons parce qu’on aime ça. Certains titres sont lourds, très sombres. Dans «Formaldehyde», il est question d’emprisonner ceux qu’on aime.

A quoi va ressembler votre concert de ce soir maintenant que vous êtes cinq sur scène?

Cette nouvelle configuration donne plus de liberté à Tom pour davantage occuper le devant de la scène. Il s’est toujours un peu caché derrière les musiciens du groupe, surtout derrière Chris, qui était le centre de l’attention sur scène. Maintenant, il a libre cours pour faire bouger les gens.

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