Actualisé 23.03.2020 à 14:50

MigrationLa première image de «Porrentruy» depuis trois ans!

Confiné à Miécourt (JU), le biologiste jurassien Michel Juillard a obtenu une image de la fameuse cigogne prise à côté d'un camping, dans la Somme (F).

par
lematin.ch
«Porrentruy» est en couple à Noyelles-Sur-Mer, en Baie de Somme (Normandie).

«Porrentruy» est en couple à Noyelles-Sur-Mer, en Baie de Somme (Normandie).

DR

À Porrentruy, c'est par dizaines que des cigognes blanches se sont installées sur des pins, de retour de migration. Mais celle que tout le monde attendait est passée tout droit jusqu'au bord de la Manche: balisée et baptisée du nom de sa ville, «Porrentruy» fait son nid entre le Havre et Calais, où elle a été photographiée pour la première fois depuis son envol, le 24 juin 2017. Une photo qui tient du miracle!

«Pour obtenir une photo, j'ai d'abord contacté des ornithologues français. Las! Ils devaient rester confinés...», raconte Michel Juillard. Le signal émis par «Porrentruy» ne b0ugeait plus. Michel Juillard l'a reporté sur «Google Earth» et là, stupeur: «J'ai vu un pylône électrique et je me suis dit qu'elle était morte ou qu'au mieux, elle avait perdu sa balise», narre le biologiste.

Camping proche

Après avoir repéré le volatile près d'un camping proche du signal émis, Michel Juillard a obtenu au téléphone un prénommé Lionel. «En lui expliquant nos trois ans d'attente, je l'ai convaincu d'aller sur place en traversant une route et en longeant une haie», dit-il.

Son relais français n'a pas trouvé une dépouille au pied d'un mât, mais un couple sur un arbre sec. Alléluia! Lionel a pris une photo avec un téléphone portable démodé pour l'envoyer à Michel Juillard, confiné à Miécourt (JU).

Mâle ou femelle

On voit que «Porrentruy» vit en couple, mais Michel Juillard ignore si sa protégée est à gauche ou à droite de la photo. L'image est floue, mais Michel Juillard se contente volontiers de ce document. «J'ai alerté un ornithologue photographe belge, mais il ne peut pas passer la frontière», s'impatiente le biologiste jurassien.

Michel Juillard parle de sa cigogne au féminin, mais il ignore si «Porrentruy» est un mâle ou une femelle. La nidification permettra peut-être de déterminer son sexe: «Si le signal reste immobile, ça voudra dire qu'elle couve, le mâle censé chercher de la nourriture ne fait que prendre le relais momentanément», explique Michel Juillard.

Un communiqué

Lundi matin, Michel Juillard a publié un communiqué: «Elle a même commencé de construire un nid sur un arbre cassé et va très probablement se reproduire à cet endroit, à 630 km au nord-ouest de sa ville natale», écrit l'animateur des Marais de Damphreux.

Pour Michel Juillard, l'aventure continue: «Il s'agit maintenant de suivre sa nidification en espérant qu'elle puisse élever des jeunes avec sa compagne ou son compagnon».

Noyelles-Sur-Mer

«Certains auraient souhaité qu'elle revienne dans la cité des Princes-Evêques, mais elle en a décidé autrement», soupire Michel Juillard. Après un long séjour au Portugal, «Porrentruy» est partie de Gondifelos, le 7 mars dernier.

La cigogne a effectué 1700 km de migration prénuptiale en 11 jours, pour s'installer à Noyelles-sur-Mer, une commune intégrée au parc naturel régional de la Baie de Somme. Mais après sa première nidification, elle pourrait repartir en couple en direction de l'Allemagne.

Capteur solaire

«Ce qui est formidable, c'est qu'elle soit toujours en vie, car beaucoup de jeunes cigognes meurent durant leur première année de vie, qu'elle ait toujours sa balise sur le dos et que cette dernière fonctionne à merveille grâce à son capteur solaire», détaille Michel Juillard.

L'an dernier, le biologiste et sa femme ont suivi en voiture le tracé géolocalisé de «Porrentruy», jusqu'aux marais de Lisbonne. Mais aux abords d'une décharge, il ne pouvait pas attribuer le signal émis par «Porrentruy» à l'une ou l'autre cigogne.

Vincent Donzé

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