Corée du Sud: La présidente propose d'abandonner le pouvoir
Publié

Corée du SudLa présidente propose d'abandonner le pouvoir

Park Geun-hye, éclaboussée par un scandale, a demandé mardi au Parlement de trouver un moyen pour la démettre de ses fonctions.

1 / 51
L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi en appel à 25 ans de prison pour corruption. (Vendredi 24 août 2018)

L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi en appel à 25 ans de prison pour corruption. (Vendredi 24 août 2018)

AFP
Park Geun-hye a déposé devant la justice de son pays un document par lequel elle renonce à faire appel de sa condamnation. L'ancienne présidente a pris 24 ans de prison pour corruption. (16 avril 2018)

Park Geun-hye a déposé devant la justice de son pays un document par lequel elle renonce à faire appel de sa condamnation. L'ancienne présidente a pris 24 ans de prison pour corruption. (16 avril 2018)

Keystone
Park Geun-hye a été condamnée à 24 ans de prison. Elle a été reconnue coupable de corruption, abus de pouvoir et de coercition. (Vendredi 6 avril 2018)

Park Geun-hye a été condamnée à 24 ans de prison. Elle a été reconnue coupable de corruption, abus de pouvoir et de coercition. (Vendredi 6 avril 2018)

Keystone

La présidente sud-coréenne s'est dit prête mardi à quitter le pouvoir avant la fin de son mandat prévue en 2018. Engluée dans un retentissant scandale de corruption, elle souhaite s'en remettre au Parlement.

Saluée par le parti au pouvoir Saenuri, cette annonce surprise a été accueillie avec le plus grand scepticisme par l'opposition. Cette dernière a réaffirmé son intention d'aller jusqu'au bout d'une procédure de destitution, à moins que la présidente ne démissionne.

Les députés de l'opposition et les indépendants disposent d'une majorité de 171 sièges sur 300 à l'Assemblée nationale. Mais pour être adoptée, la destitution doit obtenir l'aval de deux tiers des voix. Un nombre suffisant de députés du parti Saenuri au pouvoir avaient annoncé leur soutien à cette procédure lancée par les trois principales formations de l'opposition. Le vote d'une motion est prévu vendredi.

La cote de popularité de la présidente est tombée à 4%. Elle n'a cessé de dégringoler à mesure des révélations et des avancées du parquet enquêtant sur l'ancienne confidente de Park Geun-Hye, Choi Soon-Sil. Cette proche est accusée d'avoir profité de ses liens avec cette dernière pour extorquer des sommes astronomiques à diverses entreprises.

Départ négocié?

Des manifestations monstres se succèdent depuis plusieurs semaines pour exiger le départ de la présidente, soupçonnée de «collusion» avec Mme Choi par le parquet.

«Je laisserai la question de mon départ et d'une réduction de la durée de mon mandat à la décision de l'Assemblée nationale», a affirmé dans un discours télévisé la présidente, dont le mandat s'achève début 2018. «Quand les parlementaires auront déterminé les conditions d'une passation qui minimise la vacance du pouvoir et le chaos dans la conduite des affaires, je partirai.»

L'annonce est interprétée par certains observateurs comme un effort de la présidente pour négocier son départ contre un abandon des poursuites et éviter l'infamie d'une destitution.

Excuses, troisième acte

Mme Park a pour la troisième fois présenté ses excuses pour les méfaits attribués à Mme Choi. Cette éminence grise, surnommée «Raspoutine» par les médias, est accusée d'avoir usé de son amitié avec la présidente pour soutirer à divers conglomérats comme Samsung ou Hyundai plus de 60 millions de dollars (61 milliards de francs) de «donations».

«J'ai validé les projets en croyant sincèrement qu'ils étaient pour le bien commun et pour la Nation. Je n'ai cherché aucun enrichissement personnel», a dit la présidente. «Mais j'ai commis la faute de ne pas réussir à contrôler mes relations personnelles».

Mme Choi est aussi accusée de s'être mêlée des affaires de l'Etat sans détenir la moindre fonction officielle. Elle a été arrêtée pour «fraude» et «abus de pouvoir».

Volte-face

En Corée du Sud, une présidente en exercice ne peut être poursuivie dans une affaire criminelle, sauf pour des faits de trahison ou d'insurrection. Son immunité, cependant, tombe à la fin de son mandat.

Mme Park s'était initialement engagée à répondre aux questions du parquet et à celles d'une commission d'enquête indépendante créée par le Parlement. Mais elle a fait machine arrière, son avocat rejetant les propositions de dates d'audition du parquet.

Aucun chef de l'Etat sud-coréen n'est allé au bout de son mandat depuis la mise en place d'un système démocratique en 1987. Si Mme Park venait à être destituée ou à démissionner, un scrutin serait organisé dans les 60 jours pour élire un nouveau président à un mandat de cinq ans.

(ats)

Votre opinion