Revue de presse: La presse iranienne applaudit, les médias américains dubitatifs

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Revue de presseLa presse iranienne applaudit, les médias américains dubitatifs

Les journaux iraniens saluent l'accord nucléaire historique conclu à Vienne. Plusieurs quotidiens américains reprochent une mentalité de joueur de poker au président Barack Obama.

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

AFP
Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York.  (23 septembre 2019)

Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York. (23 septembre 2019)

AFP

En Iran, le quotidien réformateur Ebtekar (notre photo) reflète en Une le sentiment de soulagement des Iraniens en rendant hommage au ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, un des architectes de l'accord. Il est comparé au héros national Mohammad Mossadegh, par un photo-montage associant le visage de l'un à celui de l'autre.

Mohammad Mossadegh, Premier ministre élu démocratiquement, a été l'artisan de la nationalisation du pétrole avant d'être renversé par un coup d'Etat américano-britannique en 1953.

Donyaye Eqtesad, quotidien économique, se réjouit en Une de l'entrée dans «l'ère post-sanctions», en référence aux sanctions internationales dont la levée progressive et réversible est actée dans l'accord.

Doutes chez les conservateurs

«Le monde a changé», estime de son côté Etemad, un autre quotidien réformateur. Il qualifie l'accord conclu entre l'Iran et le groupe 5 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) de «révolution diplomatique du 14 juillet 2015».

Le quotidien a publié en urgence un numéro gratuit de 4 pages qui a inondé les rues de Téhéran dès mardi. Financial Asia a laissé sa Une blanche, barrée du mot «Accord».

Le journal Ghanoon célébre la fin de «12 ans de conflit nucléaire», affirmant que «le siège de l'Iran a été levé».

A l'inverse, le journal conservateur Kayhan, très critique des négociations, ne cache pas ses doutes sur l'accord. Selon lui, Barack Obama et son homologue iranien Hassan Rohani, un modéré, avaient des interprétations différentes de ses termes.

Obama ciblé aux Etats-Unis

Et l'ultra-conservateur Vatan-e-Ermooz a titré «En attente d'application». L'édito du journal affirme que «le grand défi de ce genre de texte se révèle pendant leurs applications». Il ajoute que «les objectifs des Etats-Unis une fois l'arrangement conclu ne sont pas nécessairement ceux inscrits dans l'accord nucléaire».

Aux Etats-Unis, le New York Times estime que peu de points de l'accord empêchent Téhéran de devenir une puissance atomique. «Barack Obama ne sera plus en fonction depuis longtemps avant qu'on puisse évaluer convenablement» si cette manœuvre en «a valu la peine».

Le Washington Post évoque aussi un «pari imprudent». «L'accord revient à donner le témoin à l'un des pires régimes dans le monde en espérant que son existence va changer», conclut-il.

(ats)

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