10.11.2016 à 08:06

Donald TrumpLa presse suisse se demande quel président il sera

L'accession à la présidence américaine de Donald Trump est dans tous les éditoriaux de la presse suisse jeudi.

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Un mur anti-immigrés devrait être érigé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, comme l'a affirmé Donald Trump durant sa campagne électorale. C'est le Congrès américain qui avancera l'argent. (Vendredi 6 janvier 2017)

Un mur anti-immigrés devrait être érigé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, comme l'a affirmé Donald Trump durant sa campagne électorale. C'est le Congrès américain qui avancera l'argent. (Vendredi 6 janvier 2017)

AFP
Le milliardaire Wang Jianlin, l'un des hommes les plus riches de Chine, a averti Donald Trump que 20'000 emplois étaient menacés aux Etats-Unis, notamment à Hollywood, si le futur président américain devait bloquer ses investissements dans le pays. (Mardi 13 décembre 2016)

Le milliardaire Wang Jianlin, l'un des hommes les plus riches de Chine, a averti Donald Trump que 20'000 emplois étaient menacés aux Etats-Unis, notamment à Hollywood, si le futur président américain devait bloquer ses investissements dans le pays. (Mardi 13 décembre 2016)

Keystone
Moscou nie avoir cherché à faire élire Trump contrairement aux informations parues dans le Washington Post. (Lundi 12 décembre 2016)

Moscou nie avoir cherché à faire élire Trump contrairement aux informations parues dans le Washington Post. (Lundi 12 décembre 2016)

AFP

Entre stupeur, pessimisme et incertitude, certains éditoriaux tentent de comprendre pourquoi tandis que d'autres se demandent comment se construira la suite aux Etats-Unis avec l'élection de Donald Trump.

Pour la Tribune de Genève, l'arrivée du magnat de l'immobilier à la Maison Blanche est une «révolution». «La fiction est devenue réalité», remarquait pour sa part 24Heures dès mercredi sur son site. «Notre surprise est à la mesure de notre aveuglement». Car sondages comme experts ont échoué à prévoir l'ampleur de la colère d'hommes blancs contre les élites.

«Aveuglés par leurs certitudes, médias sondeurs et rivaux n'ont pas vu que le rase-mottes du rusé républicain lui servait à se rapprocher du 'peuple', ou du moins d'une partie du peuple se sentant incomprise», résume La Liberté.

Et la prise de conscience s'avère tardive, constate Le Temps. «Les élites ont un biais dont elles n'arrivent pas à se départir. Et les journalistes ne se frottent pas assez à la population aux mains calleuses, aux petits employés ou aux plus jeunes dont les opportunités se réduisent considérablement».

Capter la colère du pays

Hillary Clinton, parfaite incarnation de cet «establishment» politico-financier honni, n'accédera même pas au statut de présidente par défaut, relève le journal du bout du Lac. Pour La Liberté, l'ancienne First Lady paie aussi «son incapacité à mobiliser les jeunes, les Noirs et les latinos, de même que les femmes».

Et le quotidien fribourgeois de relever que face à elle, «Donald Trump a su au contraire capter la colère du pays de l'intérieur (par opposition aux côtes ouvertes sur le monde) et de l'Amérique blanche».

Rendez-vous en France?

L'élection de Donald Trump «légitime le discours de haine, galvanisant ainsi les partis populistes du monde entier», affirme Le Nouvelliste qui souhaite à ses lecteurs la «bienvenue dans l'ère de la politique-spectacle décomplexée».

Les recettes simplistes aux problèmes complexes ayant apparemment la cote, la BaslerZeitung envisage également que d'autres Etats puissent vivre la même expérience de défiance envers les «élites». Tandis que 24Heures donne déjà rendez-vous en France le 7 mai 2017, date de l'élection présidentielle où la cheffe du Front National pourrait passer au second tour.

En attendant, le monde va être ébranlé pendant des années par ce qui vient de se passer aux Etats-Unis, prédit le journal zurichois Tages-Anzeiger. Mais le monde pourrait aussi «s'améliorer» sous ce 45e président. Le «Tagi» considère comme positif le fait que Donald Trump veuille réfléchir au rôle - pas toujours couronné de succès - de gendarme de la planète que joue parfois son pays.

Dialogue possible

Le plus grand danger de la présidence de Donald Trump concerne la politique étrangère, estime la Neue Zürcher Zeitung. Personne ne pourra empêcher le septuagénaire de résilier le contrat qui lie les Etats-Unis à l'OTAN, de draguer le président russe Vladimir Poutine ou de retirer les conseillers américains de Syrie ou d'Irak.

«Trump n'est pas le mal. Il est juste le symptôme d'une démocratie malade et sans mémoire», estime Le Nouvelliste. Pour le Bund, les Etats-Unis ne sont toutefois pas au bout de la démocratie, même avec Donald Trump. Le quotidien bernois rappelle que le système américain a des ressources pour contrer son nouveau président. Il est possible que l'homme n'ait été aussi fou que le temps d'accéder à la présidence et qu'il soit désormais possible de dialoguer avec lui.

«Plus jamais comme avant»

«Dès aujourd'hui le monde s'engage dans un 'stress test' grandeur nature», énonce la Tribune de Genève. Sera-t-il un bon président, s'interrogent plusieurs éditorialistes. Il est en tout cas le plus improbable de l'histoire récente des Etats-Unis, écrit la Nordwestschweiz. Dans le bon scénario, il pourrait, comme autrefois Ronald Reagan, être un grand président. Dans le pire des cas, le monde court à sa catastrophe.

La capacité de jugement de Donald Trump est meilleure que ce que beaucoup pensent, écrit la Weltwoche. Le républicain n'est pas un «penseur», mais il est rusé. Et il a toujours été pragmatique. «On verra», lance l'hebdomadaire.

La question de l'avenir à court et moyen terme reste sans réponse. «Nul ne le sait en vérité», souligne la Tribune de Genève. «Ce que nous savons en revanche, c'est que le monde ne sera plus jamais comme avant», conclut la BaslerZeitung.

(ats)

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