Football: La pression est désormais sur l'UEFA
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FootballLa pression est désormais sur l'UEFA

La Suisse n'a pas pu sauver sa peau dans l'élite de la Ligue des Nations sur le rectangle vert. A l'instance européenne de prendre ses responsabilités.

par
Robin Carrel, Lucerne

L'UEFA a deux gros dossiers sur ses bureaux. Enfin, entre autres... Parce qu'en plus du verdict de ce Suisse – Ukraine qui ne pourra sans doute jamais être joué (il n'y a plus de dates internationales disponibles en 2020, et 2021, avec les qualifications pour le Mondial 2022 et l'Euro, va passer très vite), elle devra décider aussi du résultat du score de la partie du week-end dernier entre la Roumanie et la Norvège, reportée elle aussi à cause du Covid, beaucoup, et des autorités norvégiennes aussi, un peu.

L'équipe de Suisse a commencé à jouer dès mardi sur le terrain médiatique, en envoyant Pierluigi Tami plaider sa cause: «Pour moi c'est clair, on était prêts et on a fait juste tout ce qu'on avait à faire. On avait une sélection avec 0 cas de Covid et on voulait jouer la chance de ne pas être relégué sur le terrain. (...) Il y avait la proposition que les Ukrainiens alignent une autre équipe et qu'on joue mercredi, mais je n'ai pas vraiment senti qu'ils ont pris au sérieux cette possibilité.»

Les Norvégiens, eux, ne pourront pas non plus disputer la partie annulée contre les Roumains, mais ils ont réussi à monter une équipe pour aller tenter de gagner leur ticket pour la Ligue A, en Autriche mercredi soir. A la place d'Erling Haaland (Borussia Dortmund), de Martin Odegaard (Real Madrid) et compagnie, les fans de l'équipe scandinave auront droit aux Genkois Kristian Thorstvedt et Mats Moller Daehli, au Gantois Andreas Hanche-Olsen et au portier de l'Union saint-gilloise, Anders Kristiansen, par exemple. Pas très sportif, mais au moins, ça va se jouer sur le pré.

«On a vraiment a tout mis en place pour y arriver.»

Pierluigi Tami, directeur des équipes nationales.

La décision du médecin cantonal lucernois a donc mis tout le monde dans l'embarras. L'Ukraine, qui doit jongler avec des très nombreux cas depuis un mois. L'UEFA, qui va devoir prendre des décisions forcément impopulaires et qui feront peut-être l'objet d'attaques devant le Tribunal arbitral du Sport au moins. La Suisse, qui terminera 2020 sans victoire, une série plus revue depuis 1998. «Ce n'est pas moi qui dois décider de ça, mais si on ne gagne pas par forfait, je serais de l'avis de ne pas accepter une décision qui nous serait défavorable. J'accepterai de toute façon la décision que prendra le comité central de l'ASF. Je lui présenterai tout ce qu'on a dû faire pour pouvoir jouer ce match. On a vraiment tout mis en place pour y arriver», a ajouté Tami.

Autant dire qu'on risque de ne pas connaître l'épilogue de toute cette affaire avant des lustres. De rares précédents dans le domaine? Le KI Klaksvik avait gagné sur tapis vert face au Slovan Bratislava au premier tour des qualifications pour la Champions League cet été. Un joueur slovaque avait été testé positif. Quelques jours plus tôt, le KF Drita (Kosovo) n'avait pas pu affronter les Irlandais du Nord de Linfield et avait là aussi été déclaré perdant 3-0. Mais c'était un autre temps.

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