Neuchâtel: La pression redouble après la mort du chien Olaf
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NeuchâtelLa pression redouble après la mort du chien Olaf

Le sort du toutou de 18 mois, exfiltré d'un refuge neuchâtelois et euthanasié, n'a pas fini de faire des vagues. Une inspectrice de la SPA a pris contact avec un avocat genevois.

par
lematin.ch
Olaf était un colosse de 45 kilos difficilement manipulable.

Olaf était un colosse de 45 kilos difficilement manipulable.

V.Dé

Inspectrice neuchâteloise de la Société pour la protection des animaux (SPA), Christelle Hertlein ne lâche pas son os après la mort d'Olaf, un chien de 18 mois exfiltré d'un refuge neuchâtelois pour être euthanasié. «Si ce chien a mordu une employée handicapée mentale, c'est la faute du refuge!», affirme-t-elle.

Christelle Hertlein n'en restera pas là: «On ira plus loin!», promet-elle. Cette inspectrice a donc contacté un célèbre avocat genevois. «Je veux savoir ce qui a conduit à l'action du Service de la consommation et des affaires vétérinaires», indique-t-elle.

Les explications fournies à «Arcinfo», par le vétérinaire cantonal Pierre-François Gobat n'ont pas convaincu Christelle Hertlein, pour qui rien ne justifiait l'intervention du 9 octobre dernier et le non-respect d'un délai de recours.

Quatre morsures

Délié du secret de fonction, le vétérinaire cantonal neuchâtelois et chef du Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) a fourni sa version des faits à Arcinfo: «Le chien comptabilisait quatre morsures à l’âge de seulement 18 mois. La dernière sur une gardienne professionnelle d’animaux de refuge», a expliqué Pierre-François Gobat.

«La gardienne mordue est une handicapée mentale qui n'aurait pas dû être mise en contact avec un chien qui a un passé», affirme Christelle Hertlein, en précisant que «la seule plainte émise l'a été par le père de cette employée».

Les autres morsures auraient été constatées au sein d'une famille pendant une période d'essai d'adoption. Des coups de crocs que l'inspectrice de la SPA juge «moyennement graves».

Procédure d'adoption engagée

Olaf était un colosse de 45 kilos, avec une gueule à la hauteur d'un visage d'enfant. Ce chien de montagne des Pyrénées a été endormi il y a trois semaines, alors qu'une procédure d'adoption était engagée au refuge de Cottendart (NE) par une famille strasbourgeoise.

Le père de famille Laurent Cabot a fondé le comité «Il faut sauver Olaf». Une pétition en ligne a obtenu 5 200 signatures contre le vétérinaire cantonal présenté comme le «boucher de Neuchâtel». Selon Laurent Cabot, établi à Fegersheim (F), Olaf répondait aux ordres élémentaires.

Une nouvelle pétition lancée par l'éleveuse française Marie Barthel s'intitule «Je suis Olaf». «Nous voulons pour toi la vérité», est-il écrit à l'adresse du chien sorti de son refuge de Bourgogne Franche-Comté.

La démarche est entreprise «pour que jamais plus aucun chien ne vive pareilles souffrances». Marie Barthel réclame la dépouille du chien, ses cendres, pour «que nous puissions dignement l'enterrer avec sa famille», dit-elle.

Manque d'éducation

Selon le SCAV, Olaf était difficile à manipuler en raison de son manque d’éducation. Lui mettre un collier ou lui accrocher une laisse étaient des gestes quotidiens qui n'allaient pas de soi. Pour sa castration comme pour son euthanasie, le contenir était pratiquement impossible.

La rééducation d'un chien de 18 mois avait selon le SCAV «trop peu de chances d’aboutir». Mais après avoir côtoyé l'animal et l'avoir promené, Laurent Cabot affirmait au contraire qu'Olaf «n'était pas un chien dangereux».

Vincent Donzé

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