Coronavirus: La qualité de la couverture des médias a été plutôt élevée
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CoronavirusLa qualité de la couverture des médias a été plutôt élevée

Si une étude universitaire salue le travail de la presse suisse dans les informations autour du Covid-19, elle pointe du doigt un manque de regard critique lors de la période avant le confinement.

Certains jours, jusqu’à 70% des contenus médiatiques concernaient le coronavirus, selon l’étude.

Certains jours, jusqu’à 70% des contenus médiatiques concernaient le coronavirus, selon l’étude.

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La couverture médiatique de la pandémie de coronavirus a été d’une qualité «relativement élevée». Toutefois, de nombreux médias ne se sont pas montrés «suffisamment critiques» dans la phase qui a précédé le confinement, estiment les auteurs d’une étude de l'Université de Zurich.

Certains jours, jusqu’à 70% des contenus médiatiques concernaient le coronavirus, selon une étude sur la qualité des médias en Suisse romande et alémanique pendant le premier semestre 2020, réalisée par l’Institut fög de l'Université de Zurich (UZH). Il est rare qu’un sujet fasse l’objet d’une couverture aussi intense.

A titre de comparaison, la proportion des informations sur le débat lié au climat a «à peine atteint plus de 10%» au maximum durant l’année électorale 2019. C’était pourtant le thème dominant des élections fédérales.

Experts

L’étude de l’UZH relève que la couverture médiatique de la pandémie couvre un large éventail de sujets, notamment la médecine, la politique et l’économie. Les médias font souvent fait appel à des experts: ils ont eu voix au chapitre dans 83% des reportages.

Dans ce domaine, les virologues, épidémiologues et immunologues sont les plus sollicités. Sur les 30 chercheurs les plus médiatisés, seuls trois sont des économistes.

«Des disciplines telles que la sociologie, la psychologie ou la politologie ont été fortement sous-représentées», regrette Mark Eisenegger, directeur du fög. Les femmes ont connu le même sort: sur les 30 experts les plus fréquemment sollicités, deux seulement sont des femmes.

Informations généralement objectives

L’Institut fög estime que la couverture médiatique a été «d’un relativement bon niveau de pertinence». La majorité des médias traitent de la pandémie et de ses conséquences dans une perspective sociétale globale plutôt que de se concentrer sur des aspects ou des destins individuels. Dans l’ensemble «les contenus ont été abordés de manière objective».

Les résultats de l’étude montrent que dans leur ensemble les médias «gardent une distance critique par rapport au gouvernement et aux autorités». Cependant, dans la phase «sensible» précédant le confinement, durant laquelle des mesures drastiques ont été décidées, cette distance est moins prononcée. «De nombreux médias se sont montrés trop peu critiques», estiment les auteurs de l’étude.

Régions linguistiques

Il existe des différences entre les régions linguistiques dans la façon de traiter la pandémie. Les médias romands ont consacré davantage de sujets aux aspects et aux conséquences sanitaires du coronavirus. Cette situation peut s’expliquer par le taux d’infection élevé en Suisse romande, souligne l’Institut fög. Les médias alémaniques ont fait preuve d’une plus grande distance critique vis-à-vis des autorités que ceux de Suisse romande.

La thématisation du coronavirus a commencé un peu plus tôt dans les médias italophones. Très rapidement, la pandémie est aussi devenue le thème central pour les médias romands et alémaniques. Plus le nombre de cas d’infections annoncées par les autorités est élevé, plus la couverture du sujet est intense dans les trois régions linguistiques, constatent les auteurs de l’étude.

(ATS/NXP)

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