Succession Burkhalter: La question des femmes agite la Berne fédérale
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Succession BurkhalterLa question des femmes agite la Berne fédérale

Le mauvais score d'Isabelle Moret à l'élection au Conseil fédéral fâche les politiciennes. Qui critiquent le PS et comptent sur une initiative parlementaire pour faire bouger les choses.

par
Christine Talos
Le Conseil fédéral entre 2010 et 2011.

Le Conseil fédéral entre 2010 et 2011.

«La sous-représentation féminine persistante au Conseil fédéral est regrettable.» C'est en ces termes que réagissait mercredi le Parti socialiste dans un communiqué mercredi, peu après l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral et surtout la non-élection de la seule candidate féminine du PLR Isabelle Moret.

Du coup, le Blicképingle ce vendredi le PS. Car dans cette élection, ses représentants n'ont pas joué la carte des femmes. En effet, Isabelle Moret n'a recueilli que 28 voix, Or le PS compte 55 membres. Et parmi les 28 voix, une partie est venue sans doute des Verts. Ce qui veut dire que seuls 10 à 15 socialistes ont voté Moret, alors que les autres ont préféré Pierre Maudet pour la plupart.

Pour le Blick, cela signifie que tant le président du PS Christian Levrat que le chef du groupe à Berne Roger Nordmann ont manqué leur but principal, soit empêcher l'élection d'Ignazio Cassis. Et ils ont de plus perdu énormément de crédibilité dans leur politique d'égalité.

Selon le quotidien, les femmes au sein du PS sont très fâchées. A l'image de Chantal Galladé. «Je ne comprends pas que nous n'ayons pas voté en groupe autour de la candidature féminine. Nous devons, en tant que PS, être la colonne vertébrale de la politique de l'égalité, même quand elle concerne d'autres partis.»

Initiative parlementaire en cours

Du coup, nombre de femmes sous la Coupole fédérale comptent désormais sur une initiative parlementaire de la conseillère nationale verte Maya Graf, et co-présidente de l'Alliance F, l'alliance des sociétés féminines suisses. Elle a en effet demandé en mars dernier déjà que la question d'une représentation équitable des sexes au Conseil fédéral soit inscrite dans la Constitution. Au même titre que la région d'origine et la région linguistique qui sont déjà spécifiés, relatent le Tages-Anzeiger et le Bundvendredi.

L’initiative de Maya Graf est la dernière à s'inscrire dans une longue liste de demandes analogues qui ont été déposées depuis 1989, sans jamais que l'une d'entre elles aboutissent. Mais cette fois la coupe est pleine pour les femmes politiciennes à Berne, très fâchées du faible score obtenu par Isabelle Moret.

«Après une telle débâcle, il me semble approprié que les sexes soient représentés équitablement au Conseil fédéral», déclare Doris Fiala, présidente des femmes PLR. Pour Rosmarie Quadranti, conseillère nationale PBD qui soutient également initiative de Maya Graf,«il est tout simplement tragique qu'il faille à la fin en venir à une réglementation pour que ce monde d'hommes comprenne enfin que les comités mixtes ont bien plus de succès.» Sa collègue PDC Barbara Schmid-Federer est du même avis.

Une «humiliation» pour les femmes

«Ce que nous avons vécu cette semaine était une humiliation pour toutes les femmes», s'énerve Regula Rytz, présidente des Verts. Le 52% de la population suisse est composé de femmes, et pourtant ni le monde politique, ni celui de l'économie font quoi que ce soit pour rattraper le retard historique des femmes dans la société, explique-t-elle. «Nous sommes systématiquement mises de côté.»

Initiative parlementaire de Maya Graf sera débattue au premier semestre 2018 sans doute. Si elle était acceptée, elle nécessiterait une votation populaire puisqu'elle demande une modification de la Constitution. Les partis devront alors se positionner sur la question et les débats seront publics. «Et si mon initiative est refusée, alors il faudra une initiative populaire», lance la politicienne. Le peuple doit pouvoir réglementer ce que le monde politique refuse.

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