Football: La relégation des fausses promesses et du soulagement
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FootballLa relégation des fausses promesses et du soulagement

Les protestations ont fait leur temps. Le Lausanne-Sport est tombé en Challenge League dans une indifférence polie, en rêvant de meilleurs lendemains.

par
Florian Vaney

Les dernières notes à résonner dans les tribunes expriment tout. L’ironie pour oublier le désastre, l’indifférence après s’être tant battu. Elles émanent des derniers ultras, ultimes spectateurs à déserter la Tuilière à la suite de l’officialisation de la relégation dimanche. «On descend de Super League à cheval.» Plus loin: «Merci, merci Souleymane!» L’ambiance n’est pas à la fête. Mais les larmes, la rage, la rébellion sont loin. Si loin. Sur le terrain, en dehors, la peine est mesurée. Le Lausanne-Sport est tombé en Challenge League. Et plus personne n’a le cœur à protester, contre la cruelle loi du sport ou de ceux qui le font.

Un trop timide frisson apparaît lorsque Rodrigo Pollero manque le but vide dans les arrêts de jeu, un abonné se plaint pour la forme d’un contrôle manqué de Maxime Poundjé, puis les sièges se vident. Sans mouchoir, sans pincement au cœur, sans regard perdu à l’horizon. La colère, l’incompréhension, c’était à l’époque où l’espoir existait encore. Ce week-end, ne restait plus qu’une indifférence trop polie. Et paradoxalement, l’idée d’un soulagement.

Ne doutez pas, ne posez pas de questions

Peut-être n’y a-t-il là qu’un sentiment passager, nourri par le rêve de lendemains meilleurs. Peut-être que les semaines à venir feront office de bulle d’air après des mois à retenir son souffle, avant d’exploser à nouveau. Peut-être que la réalité d’une Challenge League à huit n’est pas encore suffisamment palpable pour être prise en compte. Toujours est-il que la sensation générale correspond plus à l’espoir qu’au drame.

Il ne faut pas s’y tromper, le grand ménage annoncé (président, directeur sportif et entraîneur) participe largement au regain de confiance des Vaudois envers la situation de leur club. Parce qu’avant d’être la relégation du soulagement, la troisième descente sportive du LS en Challenge League est surtout celle des fausses promesses. Depuis le premier jour, Souleymane Cissé n’aura eu de cesse de demander du temps. Qu’on le laisse travailler et que les résultats suivront. Si on paraphrase: «Ne doutez pas, ne posez pas de questions.» La manœuvre du directeur sportif est facile. Elle ouvre la porte à toutes les dérives. Deux ans après, l’image sportive du Lausanne-Sport est à ramasser à la petite culière.

La lassitude de l’habitude

On a promis la grandeur au LS sans même savoir à qui on se mesurait. On a pris de haut certaines pièces maîtresses de «l’ère Iglesias», son prédécesseur, en jurant trouver dix fois meilleurs ailleurs. On a manié la menace et la pression jusqu’à créer une atmosphère de travail délétère. Mensonges, tromperie, prétention. Les Vaudois se réveillent plus fatigués que jamais d’un cauchemar qu’ils ont traversé en toute conscience.

Leur malheur, c’est aussi celui de l’habitude. Trois relégations sur le terrain en huit ans, après près d’un siècle à les avoir évitées. L’indifférence générale de dimanche trouve probablement une partie de sa source dans cette lassitude. À laquelle Ineos avait promis de mettre fin à son arrivée. Le défi qui l’attend à présent est autant sportif que psychologique. Remplacer des hommes ne suffira pas. Il y a la nécessité de changer d’air. Laisser fuiter le nom de Ludovic Magnin comme potentiel nouvel entraîneur n’a sans doute rien d’un hasard. Parler d’une séparation entre la gestion de l’OGC Nice et celle du Lausanne-Sport non plus.

Reste que la leçon a été apprise: il faudra plus que des promesses pour rompre la méfiance ambiante.

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