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Londres 2012La religion au secours des athlètes égarés

Durant toute la quinzaine des Jeux, les athlètes, croyants ou non, peuvent trouver une oreille attentive et du soutien auprès des aumôniers du village olympique.

par
Gaëlle Cajeux
A l'image de la gymnaste brésilienne Ethiene Cristina Gonser Franco, beaucoup d'athlètes sont concernés par la religion.

A l'image de la gymnaste brésilienne Ethiene Cristina Gonser Franco, beaucoup d'athlètes sont concernés par la religion.

Reuters

Elus parmi des milliers pour participer aux Jeux olympiques 2012, les athlètes présents à Londres vont tous vivre l'euphorie initiale, puis la haute pression de la compétition qui se mue finalement en bonheur extrême pour les uns et en désillusion pour les autres. Résumé succinct d'émotions indicibles, de sentiments violents que chacun devra gérer dans son for intérieur. Mais pas forcément seul.

45 aumôniers

Quelque quarante-cinq aumôniers, représentants des cinq grandes religions, se relaient au centre multiconfessionnel du village olympique, pour assurer une permanence quotidienne de 7?h à 23?h. Croyants comme athées, qu'ils cherchent à renforcer ou retrouver foi en eux, ou pour les musulmans, à gérer au plus près de leur conscience cette période de ramadan, les sportifs peuvent y trouver «un soutien spirituel et bénéficier de conseils personnels en toute confidentialité, mais également assister aux offices religieux (messe, culte protestant, lecture biblique, prière, méditation, etc.)», comme mentionne un article de la feuille «Village Life».

Ces aumôniers, hommes et femmes, portent la tenue violette des volontaires de ces JO, seules de petites épaulettes distinguent ces «êtres à l'écoute». Venant des quatre coins du monde, ils officient quasi tous régulièrement auprès de clubs sportifs et ont pour beaucoup déjà eu contact avec des athlètes «londoniens». C'est le cas notamment de Madeline Manning Mims, d'Oklahoma. Sacrée championne olympique sur 800?m aux JO de Mexico 1968 , elle reste la seule athlète américaine à avoir été sacrée sur cette distance. Désormais aumônière, elle est la confidente privilégiée de la délégation américaine.

Toute sorte d'interrogations

Souvent, elle et ses pairs accueillent les athlètes après leur compétition. «Quand l'événement est passé, que la pression retombe. Qu'ils se demandent pourquoi ai-je perdu? Pourquoi lui a gagné? Il y a toute sorte d'interrogations, confie l'un des aumôniers. Parfois c'est un sentiment de culpabilité que l'athlète essaie de surpasser.» Des aumôniers au cœur du sport. «Être là pour écouter celui qui a besoin de parler», voilà le résumé succinct de leur noble mission.

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