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Transport aérienLa rentabilité de Swiss a décollé au premier semestre

Swiss a dégagé un bénéfice opérationnel en hausse au premier semestre 2014, sous l'effet d'une nouvelle pratique d'amortissement des avions.

Swiss a dégagé un résultat d'exploitation de 118 millions de francs, soit un bond de 64% sur un an.

Sans compter le «changement de la pratique d'amortissement intervenu au sein du groupe Lufthansa en début d'année», le bénéfice a toutefois évolué à un niveau semblable à celui de l'an dernier, relève Swiss dans un communiqué publié jeudi.

Stagnation également du côté des revenus. Le chiffre d'affaires a atteint 2,517 milliards de francs, contre 2,515 milliards sur les six premiers mois de 2013.

Au deuxième trimestre, la situation est demeurée tendue, commente le transporteur. Le bénéfice a néanmoins grimpé à 115 millions de francs, au lieu de 96 millions un an plus tôt. Quant aux recettes, elles ont à peine progressé à 1,326 milliard, au lieu de 1,325 milliard.

Swiss dit subir «la pression croissante de la concurrence, surtout en Europe et sur les lignes de l«Atlantique Nord». L«effondrement des revenus moyens rogne ses marges. La faiblesse des devises internationales ainsi que les prix élevés du carburant pèsent également.

Dans ce contexte, «Swiss se défend bien en comparaison avec ses concurrents, mais (...) ne profite en rien d«une accalmie du marché. Nous devons continuer à lutter pour réussir», souligne Harry Hohmeister, directeur général de la compagnie.

Bénéfice en net chute pour Lufthansa

De son côté, Lufthansa a publié jeudi un bénéfice net en chute de 32,2% au deuxième trimestre sur un an, plombé par des pressions croissantes sur les prix, des effets de changes défavorables, ainsi que des grèves.

D'avril à juin, Lufthansa a dégagé un bénéfice net de 173 millions d'euros (211 millions de francs) contre 255 millions d'euros l'an passé, a-t-il indiqué dans un communiqué. Ce résultat était inférieur aux attentes du consensus d'analystes compilé par Dow Jones Newswires qui misait sur une baisse nettement moins marquée, à 243 millions d'euros.

Sur cette période, le groupe, maison mère de Swiss, a par ailleurs fait état d'un chiffre d'affaires en baisse de 1,7% à 7,70 milliards d'euros, tandis que son bénéfice opérationnel a reculé de 16,9% à 359 millions d'euros.

«Nous ne sommes pas satisfaits de ces chiffres», a souligné Simone Menne, directrice financière de Lufthansa, lors d'une téléconférence de presse.

Le groupe met toutefois en avant que sur l'ensemble du premier semestre, son bénéfice opérationnel a été multiplié par deux sur un an, grimpant de 73 millions à 114 millions d'euros, grâce aux effets de son programme d'économie ainsi qu'un allongement comptable de la durée de dépréciation de ses appareils.

Problème, ces effets positifs ont été compensés par des pressions croissantes sur les prix, conséquence de la concurrence de plus en plus féroce au sein du secteur.

Surcapacités et aléas monétaires

«Des surcapacités, principalement en Amérique du Nord et du Sud, sur les routes européennes et plus récemment en Asie-Pacifique, ont accéléré une baisse des prix à la fois dans nos divisions passagers et fret», détaille le groupe.

Lufthansa a également fait les frais d'effets de changes défavorables, liés notamment à la dévaluation du bolivar vénézuélien, ainsi que d'une grève de ses pilotes début avril qui s'est traduite par une charge de 60 millions d'euros.

En dépit de ces difficultés, «nous confirmons nos objectifs pour l'ensemble de l'année 2014», a précisé Simone Menne, ajoutant toutefois que l'environnement devrait rester difficile sur la deuxième partie de l'année.

Le groupe, qui avait été contraint début juin de revoir à la baisse ses ambitions, vise un bénéfice opérationnel de 1 milliard d'euros cette année et un bénéfice opérationnel ajusté de 1,3 milliard d'euros. Pour 2015, il vise un bénéfice opérationnel de 2 milliards d'euros.

(ats)

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