Publié

La route cantonale 177 coûtera 75 millions de francs

Le canton de Vaud veut construire la route RC 177 qui desservira le pôle Vufflens-Aclens jusqu'à la jonction de Cossonay de l'autoroute A1. Le chantier devrait générer 1400 emplois.

La RC 177 traversera la Venoge en amont de la gare CFF de Vufflens-la-Ville.

La RC 177 traversera la Venoge en amont de la gare CFF de Vufflens-la-Ville.

www.vd.ch

Le tronçon permettra de créer une plate-forme rail-route indispensable au développement du site. L'ensemble des travaux, qui revitaliseront également la Venoge, est devisé à 75 millions de francs.

«C'est un projet jugé stratégique» par le Conseil d'Etat vaudois, a indiqué mardi Nuria Gorrite, cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines. Il est aussi «équilibré» en prenant en compte des objectifs sociaux, économiques et écologiques. Quelque 1400 emplois supplémentaires pourraient être créés.

Le pôle Vufflens-Aclens, qui remonte à 1964, doit devenir un centre de ferroutage «unique», doté d'une logistique capable d'irriguer toute la Suisse romande, a affirmé le conseiller d'Etat Philippe Leuba. Pour y parvenir, il faut un nouvel accès à l'autoroute A1: si les transports sur la longue distance utilisent le train, la desserte fine se fait par camions.

Pression économique

Coop l'a clairement laissé entendre, selon le responsable vaudois de l'économie. Pour que le grand distributeur investisse quelque 100 millions de francs dans ses installations, la nouvelle route doit voir le jour. Aujourd'hui, le seul accès autorisé pour les poids lourds passe par le secteur saturé de l'Ouest lausannois, la traversée de Vufflens-la-Ville étant interdite aux camions.

La construction se situera dans un contexte cher aux Vaudois: la Venoge, a relevé de son côté Jacqueline de Quattro, cheffe du Département du territoire et de l'environnement. Le tracé proposé devrait générer l'impact le plus faible possible sur la nature. Pas moins de 37 mesures environnementales sont prévues.

Référendum possible

Le projet a été mené en concertation avec les associations de défense de l'environnement et les communes, a souligné Nuria Gorrite. Un référendum reste possible, mais pour l'heure l'opinion générale est favorable. Selon une planification provisoire, la route pourrait devenir réalité en 2019.

Au total seize possibilités de plates-formes logisitiques rail-route ont été étudiées. Pour Aclens-Vufflens seulement «tous les voyants sont au vert», a déclaré Philippe Leuba, en insistant sur le potentiel d'emplois directs et indirects du site idéalement placé, à la fois pour Lausanne, le reste du canton et la Suisse romande.

5,5 kilomètres

Pour la réalisation de la RC 177 longue de 5,5 kilomètres, le canton utilisera en fait beaucoup de routes déjà existantes. Treize tracés ont été analysés en vue d'un parcours optimal. A la fin, le choix retenu place la chaussée dans le Plan de protection cantonal de la Venoge, a noté Jacqueline de Quattro.

La protection du site ne signifie toutefois pas de le figer. Si un intérêt public prépondérant le demande, des constructions nouvelles peuvent être entreprises et c'est le cas ici, selon le Conseil d'Etat vaudois. La construction de la route va dynamiser la revitalisation de la Venoge, a assuré Jacqueline de Quattro.

Augmenter la biodiversité

Plusieurs zones humides nouvelles seront créées, ainsi que six passages à faune. Des espaces de transition favorables à la biodiversité comme des haies ou des lisières seront réalisés.

Sur l'enveloppe totale de 75 millions pour les travaux, 5,5 millions sont prévus pour les fouilles archéologiques. Enfin, le gouvernement veut modifier la loi.

Il entend rendre obligatoire un vote du Grand Conseil avec droit de référendum pour toute modification du plan de protection de la Venoge aujourd'hui en vigueur.

(ats)

Ton opinion