Moyen-Orient: La Russie bombarde à nouveau en Syrie

Actualisé

Moyen-OrientLa Russie bombarde à nouveau en Syrie

Pour la première fois depuis un an, la Russie a bombardé des zones rebelles en Syrie, malgré la trêve conclue en 2017.

1 / 150
Amnesty International a accusé lundi le régime syrien et son allié russe de «crimes de guerre», après avoir documenté 18 attaques menées au cours de l'année passée contre des écoles et des centres médicaux du nord-ouest de la Syrie. (10 mai 2020)

Amnesty International a accusé lundi le régime syrien et son allié russe de «crimes de guerre», après avoir documenté 18 attaques menées au cours de l'année passée contre des écoles et des centres médicaux du nord-ouest de la Syrie. (10 mai 2020)

AFP
Les batteries antiaériennes syriennes ont intercepté lundi des frappes israéliennes dans le nord du pays, a affirmé l'agence de presse officielle Sana. (4 mai 2020 - Image d'archive)

Les batteries antiaériennes syriennes ont intercepté lundi des frappes israéliennes dans le nord du pays, a affirmé l'agence de presse officielle Sana. (4 mai 2020 - Image d'archive)

AFP
Des hélicoptères «israéliens» ont tiré des missiles sur le Sud de la Syrie, ont indiqué les médias étatiques syriens dans la nuit de jeudi à vendredi. (1er mai 2020)

Des hélicoptères «israéliens» ont tiré des missiles sur le Sud de la Syrie, ont indiqué les médias étatiques syriens dans la nuit de jeudi à vendredi. (1er mai 2020)

AFP

L'armée syrienne et la Russie ont bombardé samedi des secteurs tenus par les rebelles dans le sud-ouest de la Syrie. Des milliers de civils fuient la région pour se réfugier dans d'autres zones aux mains des adversaires du président Bachar al Assad.

Les villes et villages à l'est de Deraa subissent l'essentiel de l'offensive lancée la semaine dernière par l'armée syrienne. Selon l'OSDH, la Russie a lancé près de 25 frappes sur ces villes contrôlées par les rebelles. Il s'agit des premiers raids russes dans le sud du pays depuis la trêve en 2017. «D'intenses raids aériens russes frappent des villes dans l'est de la province de Deraa pour la première fois depuis que la trêve a été conclue dans le sud de la Syrie l'année dernière», a indiqué Rami Abdel Rahman de l'ODSH, qui n'a fourni aucun bilan.

Les avions utilisés samedi lors de ces raids provenaient de la base Hmeimim, une base permanente de l'armée russe, située dans le nord-ouest de la Syrie, selon l'observatoire. «Les frappes russes ont débuté vers 22H30 (21H30 en Suisse) et se sont arrêtées après minuit», a déclaré Ibrahim Mohammad, un chroniqueur indépendant dans les médias de la ville de Basr al-Harir, au nord-est de Deraa. Il a raconté qu'en entendant les avions, les habitants de la ville et lui-même se sont réfugiés dans les sous-sols et les abris anti-bombardements, avant de décrire le bruit sourd et constant du bombardement durant près de deux heures.

Accords menacés

Des centaines de familles ayant emporté une partie de leurs biens avec eux sont arrivées ces deux derniers jours dans les villes de Taïba et de Mataiyah, à quelques kilomètres seulement de la frontière hautement surveillée avec la Jordanie, ont rapporté des travailleurs humanitaires et des rebelles.

Des milliers de Syriens ont aussi fui Masahra et Hara, des villages tenus par les rebelles et situés sur la ligne de front dans la province de Kouneitra, vers des camps de fortune proches du plateau du Golan occupé par Israël, où l'artillerie syrienne évite de bombarder, ont dit deux habitants. Les rebelles ont affirmé samedi avoir repoussé plusieurs assauts contre des villages de la région de Ladja, un secteur volcanique et accidenté situé aux confins des provinces de Deraa et de Soueida où se sont concentrés jusqu'à présent l'essentiel des combats au sol.

«L'armée intensifie sa campagne et poursuit sa mobilisation sur plusieurs fronts», a dit Abou Bayan, chef rebelle d'une faction de l'Armée syrienne libre (ASL). Les médias syriens ont pour leur part rapporté que des «terroristes» avaient tiré au mortier sur les villages de Dama et Chomara dans la région de Ladja, où plusieurs localités rurales situées à l'ouest de la ville de Soueida, elle-même à majorité druze, ont été pris pour cibles par des rebelles.

Ces combats menacent l'accord conclu l'an dernier entre les Etats-Unis et la Russie, qui appuie Bachar al Assad, sur la création d'une zone de «désescalade» dans cette partie de la Syrie. Les Etats-Unis ont de nouveau exigé jeudi le respect de cette zone en mettant en garde Bachar al Assad et ses alliés russes contre les graves conséquences que pourraient avoir des violations de l'accord.

Les Etats-Unis n'interviendront pas en faveur de rebelles syriens

Les Etats-Unis n'interviendraient pas militairement pour soutenir les rebelles face à l'offensive menée par le régime de Bachar al Assad dans le sud de la Syrie près du plateau du Golan et de la frontière jordanienne. Ils les en ont informés dimanche. Une copie du message adressé par Washington à la direction des groupes de l'Armée syrienne libre (ASL) affirme que le gouvernement américain indique clairement qu'ils «ne doivent pas fonder leurs décisions sur l'hypothèse ou sur l'attente d'une intervention militaire». Washington a soutenu avec des armes et de l'argent les factions modérées de l'ASL dans le cadre d'un programme piloté par la CIA depuis le début de la guerre civile. Donald Trump a fermé ce programme l'an passé.

(ats)

Ton opinion