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SyrieLa Russie laissera partir Bachar al-Assad

Allié de Damas, Moscou ne s'opposera pas au départ du président Bachar al-Assad si c'est le résultat d'un dialogue entre Syriens a déclaré samedi le chef de la diplomatie russe.

Sergey Lavrov et Bachar al-Assad, en février.

Sergey Lavrov et Bachar al-Assad, en février.

Archive, Keystone

Sergey Lavrov s'exprimait au lendemain d'entretiens entre ses vice-ministres et un haut responsable du département d'Etat américain, Fred Hof, qui a tenté de faire pression sur Moscou pour qu'elle soutienne une transition politique en Syrie.

"Si les Syriens s'entendent entre eux (sur un départ d'Assad), nous serons heureux de soutenir une telle solution", a-t-il dit à la presse. "Mais nous jugeons inacceptable d'imposer de l'étranger les conditions d'un tel dialogue".

Au Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie a opposé à deux reprises son veto à des projets de résolution d'inspiration occidentale et arabe visant à condamner le régime de Bachar al-Assad pour la répression du mouvement de contestation en Syrie.

L'exemple yéménite

Deux massacres de civils en deux semaines signalés par des opposants ont conduit les Etats-Unis et leurs alliés européens à défendre l'idée de sanctions supplémentaires contre Damas et à ne pas exclure une intervention militaire.

Prenant pour exemple le Yémen où le président Ali Abdallah Saleh a quitté le pouvoir après plusieurs mois de manifestations, M. Lavrov a estimé que la transition de pouvoir yéménite était le fruit d'une processus interne sans intervention de l'étranger.

Réunion internationale

Moscou a par ailleurs réclamé de nouveau la tenue d'une réunion internationale sur la Syrie. "Nous convoquons une conférence sur la Syrie pour mettre en oeuvre le plan Annan", a déclaré M. Lavrov, soulignant la nécessité d'inviter tous les pays qui ont de l'influence sur la Syrie.

Le ministre a cité les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie), les membres de la Ligue arabe et les pays voisins de la Syrie, comprenant l'Iran dont l'évocation il y a quelques jours à ce sujet a suscité l'opposition de certains Occidentaux.

La Russie considère qu'il serait plus efficace, pour favoriser la mise en oeuvre du plan de paix de Kofi Annan, d'organiser une réunion des pays et des organisations susceptibles d'exercer une influence sur Bachar al-Assad ou sur ses adversaires. Cette proposition est déjà contestée par les Etats-Unis en raison de la volonté russe d'inviter l'Iran.

Nouvelles violences

Sur le terrain, les forces gouvernementales ont bombardé plusieurs villes samedi, poussant l'opposition à réclamer à la communauté internationale des armes sophistiquées pour faire tomber le régime. Au total, les violences ont fait 29 morts à travers le pays, essentiellement des civils, au lendemain d'une autre journée sanglante avec 68 victimes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans la capitale Damas, qui a un temps été relativement épargnée par le soulèvement, des explosions ont été entendues dans la nuit après des combats particulièrement intenses entre les rebelles et les forces de sécurité loyales au président Assad. La principale route qui part du sud de Damas vers Deraa était bloquée par des pneus en feu, indique l'Observatoire.

Face à un régime déterminé à écraser la révolte lancée il y a près de 15 mois, le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition d'opposition, s'apprête à désigner un nouveau président, chargé de rendre efficace cette instance profondément divisée.

(AFP)

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