11.05.2016 à 08:37

SyrieLa Russie veut mettre des rebelles sur liste noire

Des membres du Conseil de sécurité de l'ONU n'ont pas accédé à la demande de Moscou, qui voulait lister deux groupes syriens comme «terroristes».

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Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama se sont déclarés prêts, lors d'une conversation téléphonique, «à intensifier la coordination» militaire entre les deux pays en Syrie, a annoncé le Kremlin. (Mercredi 6 juillet 2016)

Keystone
Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

Pour la première fois depuis 2012, un convoi humanitaire, composé de 37 camions, est parvenu à ravitailler les villes de Zamalka et Erbine dans les environs de Damas en Syrie.

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Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

Des rebelles syriens ont progressé en direction d'une importante ville frontalière avec l'Irak. Ils se sont emparés d'une petite base aérienne tenue par l'Etat islamique (EI). (Image d'illustration, 13 mars 2014)

Keystone

Le Royaume-Uni, la France, les Etats-Unis et l'Ukraine ont bloqué mardi une demande de la Russie à l'ONU qui réclamait d'ajouter deux groupes rebelles syriens à la liste des organisations «terroristes«et de les écarter du processus de paix syrien. C'est ce qu'ont rapporté des diplomates.

Moscou demandait que les groupes Ahrar al-Cham et Jaïch al-Islam soient ajoutés à la liste noire des organisations considérées comme «terroristes», en raison de leurs liens avec Al-Qaïda et le groupe Etat islamique (EI).

Les quinze membres du Conseil de sécurité doivent être unanimes pour placer des organisations sur cette liste et les soumettre à des sanctions. Ce rejet mardi par quatre d'entre eux a donc rendu la requête russe obsolète.

«Conséquences néfastes»

La tentative russe concerne deux groupes qui sont parties prenantes du cessez-le-feu. Cela «aurait pu avoir des conséquences néfastes sur la trêve au moment même où nous essayons de désamorcer la situation», a commenté un porte-parole de la mission américaine à l'ONU. «Ce n'est pas le moment de changer d'orientation, il faut au contraire redoubler d'efforts pour réduire la violence», a-t-il insisté.

L'initiative russe sur ces deux groupes aurait été «extrêmement contre-productive. Elle aurait nui à la fois aux efforts de maintenir la trêve et de reprendre les négociations à Genève, a insisté un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Discorde

Jaïch al-Islam fait partie du Haut comité des négociations (HCN) qui participe aux pourparlers de Genève dans le but de mettre fin au conflit ayant fait plus de 270'000 morts et déplacé des millions de personnes depuis 2011.

Il est le plus important groupe rebelle dans la région de Damas et est soutenu par l'Arabie saoudite. Ahrar al-Cham, financé par la Turquie et des Etats du Golfe, est l'un des plus importants groupes rebelles syriens. D'inspiration salafiste, ce groupe a notamment combattu aux côtés du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, près d'Alep et dans la province d'Idleb.

Cette dispute à propos de la proposition russe intervient alors qu'une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), co-présidée par la Russie et les Etats-Unis, est prévue le 17 mai à Vienne.

Le GISS avait tenté l'année dernière d'établir une liste des groupes considérés comme «terroristes». Mais l'idée avait rapidement échoué devant la profusion des propositions émises par les différentes parties.

Nouveaux bombardements

Plusieurs faubourgs de la ville syrienne d'Alep ont été touchés par des bombardements des forces du régime et des rebelles dans la nuit de mardi à mercredi. La trêve temporaire est censée expirer mercredi soir.

Des raids de l'aviation du régime ont notamment frappé des positions rebelles dans deux quartiers situés à l'est de la 2e ville de Syrie. Des tirs d'artillerie ont par ailleurs fait au moins deux blessés dans deux autres faubourgs, a constaté un correspondant de l'AFP.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a relevé de son côté «de nombreuses frappes aériennes ayant visé quatre quartiers situés dans le nord d'Alep» et des tirs de mortier sur deux zones contrôlées par le régime. Ils ont «coïncidé avec le bombardement de plusieurs quartiers rebelles dans l'est d'Alep», a précisé l'ONG.

(ats)

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