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ChroniqueLa séance cannoise: «Snow in Paradise»

Première mondiale sur la Croisette pour ce thriller urbain, nerveux et prenant, réalisé par le Britannique Andrew Hulme.

par
Jean-Philippe Bernard

La soirée est déjà bien avancée lorsqu'on tombe par hasard sur un programme de la section «Un certain regard » annonçant, dans les minutes à venir, la projection sur un écran du palais de «Snow In Paradise». A la recherche d'un bon petit thriller pour la nuit, on se précipite dans la salle où l'équipe du film en question emmenée par Andrew Hulme, un monteur réputé qui signe là son premier long métrage, en finit avec les mondanités cannoises.

Le noir se fait et pas mal de festivaliers, usés par une quinzaine intensive, piquent instantanément du nez. Sur l'écran, pourtant, le spectacle est prometteur. Dave, une petite frappe de l'est londonien se prépare à livrer une importante quantité de poudre blanche à des truands qui transpirent la méchanceté. Le garçon, accompagné de son copain Tariq, manque de finir avec une balle dans la tête mais lorsqu'ils apprennent que son oncle est caïd redouté, ses « interlocuteurs » renoncent à regret. Las, Dave, beau gosse aux larges épaules, possède un pois chiche en guise de cervelle. Il ne peut donc s'empêcher de détourner un paquet de came pour sa propre consommation. Une vraie bêtise qui va coûter la vie à Tariq et projeter Dave en pleine tourmente…

Oncle pervers

Qu'il est bon le cinéma anglais lorsqu'il colle ainsi à la réalité du bitume! En s'inspirant de l'histoire d'un certain Martin Askew, un petit voyou rangé des voitures qui incarne ici l'oncle pervers et manipulateur de Dave, Andrew Hulme propose une plongée dans les bas fonds qui n'est pas sans rappeler le mythique «Mean Streets» de Martin Scorsese. La comparaison peut sembler audacieuse m ais le réalisateur tient lui aussi son petit Bob De Niro en la personne de Frederick Schmidt, un jeune gars charismatique, mélange de force brute et de sensibilité à fleur de peau.

Secoué tout au long de sa descente aux enfers par les basses lourdes d'une musique techno ou par une partition jazzy rappelant celle que Bernard Hermann composa jadis pour le poisseux «Taxi Driver», le jeune acteur insuffle à chaque scène un caractère définitif. Sa prestation constitue l'un des moments les plus forts de cette 67 e édition.

Une révélation

Gageons que si «Snow In Paradise» concourrait en sélection officielle, certains de ses confrères plus renommés auraient du souci à se faire. Qu'importe, plus qu'une révélation, Frederick Schmidt est l'attraction majeure de ce thriller dérangeant que les spectateurs des pays où il sortira prochainement vont sans aucun doute plébisciter.

La palme d'or (c'est mon dernier mot)

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