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Salon de TokyoLa sécurité de demain est déjà prête

L'automobile de plus en plus sûre, de plus en plus «intelligente»? C'est le travail des ingénieurs de R&D. Une journée dans le centre d'essais privé Aisin à Fujioka.

par
Philippe Clément - Tokyo
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Une Toyota Prius équipée d'un système de sécurité qui parvient à éviter un piéton imprudent.

Une Toyota Prius équipée d'un système de sécurité qui parvient à éviter un piéton imprudent.

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Les automobilistes sont confrontés à des problèmes toujours plus nombreux. Vu l'augmentation du trafic, les routes sont surchargées. Vu le vieillissement de la population, les risques de collisions ou de faute d'inattention sont de plus en plus importants. C'est pourquoi, dans les centres de recherche des constructeurs, on planche sur des moyens d'éviter l'inévitable.

Une journée passée dans le centre d'essais privé Aisin à Fujioka nous a permis de constater – et de tester – quelques-unes de ces technologies de demain. Après la démonstration probante du CACC (Cooperative Adaptive Cruise Control), dans les rues de Tokyo, place à l'essai d'une technologie capable de sauver de nombreuses vies: un système de détection avancé des piétons, couplé à une fonction de freinage automatique et d'évitement.

Et le piéton surgit

Assis au volant d'une Toyota Prius, on fonce à près de 70 km/h sur une piste rectiligne quand, soudain, à une quarantaine de mètres surgit un «piéton». En fait, un mannequin monté sur une plateforme, mimant un enfant sautant sur la route. Dans les millisecondes qui suivent, la caméra détecte la silhouette. Le logiciel de reconnaissance identifie une forme humaine et, aussitôt, déclenche deux actions: a) la voiture coupe les gaz et b) un signal lumineux rouge apparaît en haut du tableau de bord en même temps qu'une alarme acoustique.

Vous avez la bonne réaction et vous avez le temps de freiner, aidé par la voiture? Tant mieux. Ce n'est pas le cas? La voiture – et l'informatique – volent à votre secours. Enfin, au secours du piéton, en l'occurrence... Au moment où la caméra à repéré l'intrus, elle a aussi scanné les environs. Et détecté une possible zone d'évitement. Si bien que, alors que l'impact semble inévitable, vous sentez le volant vous «échapper des mains» et amorcer, automatiquement, une manœuvre d'évitement! Résultat des courses, vous n'avez quasiment rien fait, mais votre voiture est arrêtée. Et le piéton est sauf! Le PCS ( pre-collision system) vient de prouver son efficacité.

Dès 2015

On l'a vécu et on témoigne: c'est bluffant! des systèmes de reconnaissance et de freinage existent déjà. Mais c'est la première fois qu'on voyait une voiture capable de braquer toute seule pour faire une manœuvre d'évitement! Musique d'avenir? Pas vraiment: Toyota envisage de l'installer sur ses voitures dès 2015...

Ce genre d'application est le parfait exemple du défi technologique automobile actuel: séparément, les différents composants du système existent déjà. Le tempomat, le radar, la caméra de surveillance des lignes de marquage, les senseurs de proximité ou la direction asservie font partie de l'équipement de base de beaucoup de voitures actuellement en service. Le défi des ingénieurs est désormais de réussir à les interconnecter. Coupler le radar, la caméra et le tempomat a permis de créer le tempomat adaptatif, qui conserve tout seul la distance de sécurité avec la voiture qui vous précède. Coupler la caméra, les senseurs de proximité et la direction asservie à permis de créer la fonction de parcage automatique. Mais si, demain, on arrive à coupler l'entier des composants de sécurité électronique, on arrivera à fabriquer la voiture capable de conduire toute seule.

Question juridique

En théorie – et sur les prototypes de recherche – c'est en fait déjà le cas. Mais pour que cette technologie arrive dans votre voiture, il faudra attendre encore un peu. Le souci? Une question de coût, évidemment. Mais, avant tout une question... juridique. Pour l'instant, la voiture à «pilote automatique» est interdite. Ce qui explique que, sur les véhicules à direction asservie déjà existants, il a fallu rajouter une routine qui découple la fonction «braquage autonome» si le senseur détecte que vous avez lâché le volant plus de quatre secondes. Pourtant on vous l'affirme, plusieurs modèles sont déjà capables de passer un virage tout seuls. Au condition que les lignes de la chaussée soient bien marquées. Et que la route ne soit pas mouillée, ce qui perturbe la vision de la caméra centrale...

Les prochaines pistes? Un système de communication entre voitures, permettant à un véhicule d'«annoncer» son arrivée aux autres, même s'il est masqué par un bâtiment ou un camion, par exemple. Ou de prévenir son conducteur de l'arrivée d'un deux-roues. Et là encore, on peut imaginer que, recevant cette information, votre voiture freine toute seule, ou entreprenne une manœuvre d'évitement pour empêcher une collision.

La route de demain? Elle sera sans doute toujours plus dangereuse. Mais nos voitures, elles, sauront de mieux en mieux nous en protéger.

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