01.03.2012 à 22:58

candidatureLa Serbie a obtenu son ticket pour l'UE

Plus de deux ans après avoir frappé à la porte de l'Union Européenne, la Serbie a obtenu jeudi le statut convoité de candidat de la part de dirigeants européens.

Le président serbe Boris Tadic en compagnie d'Herman Van Rompuy.

Le président serbe Boris Tadic en compagnie d'Herman Van Rompuy.

Keystone

Les pays de l'Union européenne ont décidé d'octroyer à la Serbie le "statut de candidat" à l'adhésion au bloc, indique le projet de déclaration des chefs d'Etat et de gouvernement des Vint-Sept réunis à Bruxelles. Ce qui signifie qu'un accord a pu être trouvé à l'unanimité par les pays.

"Il s'agit d'une avancée historique", estime un diplomate européen, en rappelant qu'il y a treize ans la Serbie était le théâtre de bombardements de l'Otan lors de la guerre du Kosovo.

A son arrivée à Bruxelles, le président roumain, Traian Basescu, avait levé les derniers doutes sur le feu vert de l'UE, en annonçant qu'il levait son objection à l'octroi du statut à Belgrade, un compromis ayant été trouvé avec les Serbes.

Cet accord garantit notamment que les droits de la minorité roumaine vivant en Serbie, évaluée à quelque 30'000 personnes, soient bien protégés. Il prévoit aussi de veiller au sort de la minorité serbe vivant en Roumanie.

La défense de la minorité roumaine de Serbie avait été avancée mardi par la Roumanie pour justifier son objection à l'octroi du précieux sésame à Belgrade. Et la Roumanie était le dernier pays de l'UE à avoir encore des réserves pour cette décision requérant l'unanimité.

La Commission européenne s'est engagée de son côté à suivre de très près "la mise en œuvre" de la législation serbe de protection des droits de cette minorité, dans le cadre des discussions à venir avec Belgrade.

Le statut de candidat officialisé, le chemin reste encore long avant que la Serbie intègre l'Union.

D'ici la fin de la décennie?

La Serbie doit attendre désormais que les négociations d'adhésion soient ouvertes, ce qui ne sera pas forcément une formalité, puis qu'elles aboutissent. Dans le meilleur des cas, Belgrade peut espérer rejoindre l'Union d'ici la fin de la décennie.

Depuis son élection à la présidence du pays, en juin 2004, Boris Tadic, un pro-européen, n'a eu de cesse de raccrocher son pays à l'UE.

C'est sous son impulsion qu'en 2011 ont été arrêtés en Serbie Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, et Goran Hadzic, ancien responsable des Serbes de Croatie. Les deux hommes ont été remis au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) après avoir vécu cachés pendant de nombreuses années.

Mais les tergiversations des Européens ont émoussé l'enthousiasme des Serbes.

En décembre dernier, le vice-Premier ministre et ministre serbe de l'Intérieur, Ivica Dacic, observait que la communauté internationale avait imposé au fil des années de nouvelles conditions à la Serbie pour sa progression vers l'intégration européenne, alors qu'en 2000, date de la chute de Slobodan Milosevic, elle ne demandait que le départ de l'ancien président yougoslave.

Des diplomates européens craignaient que les élections législatives serbes prévues en mai ne renforcent les partis nationalistes antieuropéens en cas de nouvelle rebuffade de l'UE.

Des six ex-républiques yougoslaves, seule la Slovénie a rejoint l'Union (en 2004). La Croatie doit devenir le 28e Etat de l'UE en juillet 2013.

Le Monténégro et la Macédoine ont obtenu le statut de candidat mais attendent toujours l'ouverture des négociations d'adhésion. Pour sa part, la Bosnie-Herzégovine, en proie à d'incessantes querelles politiques, n'a pas encore présenté auprès de Bruxelles de demande pour obtenir le statut de candidat.

(AFP)

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