12.11.2020 à 15:02

Canton de VaudLa situation dans les EMS est jugée très inquiétante

Le pic de la première vague est dépassé dans les EMS vaudois, qui doivent en outre faire face à un manque de personnel soignant et à la fatigue accumulée.

Sur les 172 EMS du canton de Vaud, 69 sont touchés par la deuxième vague du coronavirus, soit plus du tiers. On compte à ce jour 482 cas positifs pour une moyenne de 6 à 8 cas par EMS touché (archives).

Sur les 172 EMS du canton de Vaud, 69 sont touchés par la deuxième vague du coronavirus, soit plus du tiers. On compte à ce jour 482 cas positifs pour une moyenne de 6 à 8 cas par EMS touché (archives).

Keystone/GAETAN BALLY

La situation sanitaire liée à la deuxième vague du coronavirus dans les EMS vaudois est très inquiétante. Le pic des cas positifs de la première vague a été dépassé. Le plus grand problème pour ces établissements médicaux-psycho-sociaux est le manque de personnel soignant et la fatigue accumulée.

«On a dépassé le pic du 6 avril 2020 la semaine dernière, soit 451 résidents atteints du Covid-19. On est désormais légèrement au-dessus», a indiqué jeudi à Keystone-ATS François Sénéchaud, secrétaire général de l’Association vaudoise des EMS/EPSM (HévivA). Sur 172 EMS, 69 sont touchés, soit plus du tiers. On compte à ce jour 482 cas positifs pour une moyenne de 6 à 8 cas par EMS touchés, détaille-t-il.

Il y a environ trois semaines, les statistiques du canton annonçaient près de 230 cas positifs et 35 décès dans les EMS depuis le 2 août. «La situation est très inquiétante. On espère chaque jour que l’on est arrivé au sommet de la deuxième vague», dit M. Sénéchaud.

Durant la phase aiguë de la première vague de la pandémie, entre le 11 mars et le 5 juin dernier, 255 décès avaient été déplorés, tandis qu’un millier de résidents avaient guéri, selon l’HévivA. Environ 43% des EMS avaient été touchés. «On n’a pas autant de décès que lors de la première vague. Le taux de mortalité semble plus bas», constate le secrétaire général de l’association.

Trois différences avec ce printemps

Dans l’ensemble, les EMS sont mieux armés que lors de la première vague, avait montré fin août une enquête de Keystone-ATS. Les mesures logistiques de protection sont bien en place et prises plus rapidement, il y a davantage de matériel de protection, la gestion des visites, des repas communs, des promenades et des flux avec l’extérieur s’est améliorée. Il y a aussi un meilleur traçage.

Cela dit, François Sénéchaud voit trois grandes différences par rapport à ce printemps. «Il n’y a plus de problème de manque de matériel mais un grand problème de manque de personnel soignant. Il y a de plus en plus de collaboratrices et collaborateurs malades du Covid-19 sans compter la fatigue accumulée depuis le début de la pandémie», explique-t-il.

Autre différence, les cas positifs semblent a priori moins graves. «Il y a beaucoup plus de résidents qui sont asymptomatiques».

Troisième constat, l’impression de voir des virus différents dans cette deuxième vague. «La sévérité et le spectre des symptômes, leurs atteintes à la santé, sont très différents d’un EMS à l’autre. Pourquoi? Mystère», observe M. Sénéchaud. Il cite le cas d’un EMS avec 80% de cas positifs mais peu ou pas de symptômes et d’un autre EMS avec nettement moins de cas positifs, mais avec des symptômes graves et d’importants besoins d’oxygène.

Inquiétudes financières

Pour M. Sénéchaud, l’enjeu principal de cette deuxième vague dans les EMS est d’avoir du personnel soignant en suffisance. «Nous sollicitons en priorité les agences de travail temporaire puis des étudiants en médecine ou HES en santé», relève-t-il. «Actuellement, sans les infirmières recrutées à l’étranger, on ne fonctionnerait pas», confie-t-il.

L’armée serait très utile, selon lui, mais elle se concentre sur les hôpitaux. La Protection civile (PCi) est, elle, venue en renfort. Son rôle est limité du fait qu’elle ne fournit pas de personnel soignant. Mais il est très apprécié pour des questions logistiques ou, par exemple, pour le maintien du lien entre les résidents et leur famille via vidéos ou lors des visites, souligne le responsable de l’HévivA.

Aux inquiétudes de pénurie de personnel s’ajoutent celles strictement financières. «Nous n’avons toujours pas reçu d’aides concrètes du canton. Le processus suit son cours mais il n’y a eu aucune injection d’argent pour les EMS depuis ce printemps afin de pallier les surcoûts et éponger les pertes. On a reçu un écho favorable de la ministre de la Santé Rebecca Ruiz mais on reste dans l’attente», affirme-t-il.

(ATS/NXP)

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